27 septembre 1936

Bordeaux EC ; Paris UC ; Bataillon de Joinville ; Paris UC; S Marseille UC ; Montpellier UC; Montpellier HB.

Champion de France 59, 61, 62 et 65.

101 sélections
De 1957 à 1970

CM 58 : 9e à 16e ; CM 61 : 8e ; CM 64 : 9e à 12e ; CM 67 : 9e à 12e ; CM 70 : 12e .

 

GARDIEN

L'INITIATEUR

Retrouver Jean Férignac, dit "Féfé", comme meilleur "homme des bois" du handball français paraît totalement naturel, même si certains de ses successeurs ont approché ses performances. Il fut une époque, dans la plénitude de son art, où il fut même considéré comme le meilleur gardien du monde.

Pourtant, à regarder les gabarits de ses collègues d’aujourd’hui, on pourrait se demander comment il a bien pu faire pour empêcher tant de ballons de rentrer dans les buts. En effet, Jean ne mesure que 1,75 m, mais il avait formidablement travaillé son poste. Cet enseignant en éducation physique, né le 27 septembre 1936 à Fontaine en Dordogne, fut le premier gardien à se préoccuper de sa relation avec le tireur. Ça veut dire qu’il observait tous ses adversaires, droitier, gaucher, tireur aux neuf mètres, tireur à la hanche et qu’il avait une fiche sur chacun d’entre eux. On pourrait dire qu’il fut le premier gardien intelligent, parce qu’il savait qu’à chaque tir, il avait à livrer un duel. Aussi, bien équilibré sur ses appuis, il pouvait anticiper. Comme il disposait, naturellement, de souplesse et de vitesse, il fut un poison pour nombre de tireurs.

Il ne plongeait pas beaucoup, ne se détendait pas à la manière d’un gardien de hand à onze. Il excellait contre les tireurs à six mètres et il arrêta bon nombre de penalties. Si petite taille il y avait, c’était plutôt en regard des tirs dans les lucarnes. Enfin, il fut sans doute le premier à lancer si bien les contre attaques. Il dynamisait le jeu.

Pourtant, Jean fut d’abord attiré par le football puisqu’il faillit être pro aux Girondins de Bordeaux, mais pas dans les buts. Bordeaux, pas loin de la Dordogne, où son père, boulanger, fut, dans la résistance, l’un des lieutenants de Jacques Chaban Delmas. Mais finalement, ce fut le handball, au Paris Université Club, à Marseille, enfin à Montpellier. Et puis, bien sûr, en équipe de France (il en fut le capitaine) dont il porta le maillot à 101 reprises, de 1958 à 1970, puisqu’il mit un terme à sa carrière après les Championnats du Monde organisés en France, en même temps que les frères Sellenet, les frères Richard, Etcheverry, Portes, toute une époque…

Garçon charmant, d’humeur toujours égale, il savait s’arranger avec tout le monde, d’autant qu’il est absolument fidèle en amitié. Bon vivant, il adore faire la cuisine. Et puis, surtout, il aime la lecture (son appartement est une vraie bibliothèque) et adore la peinture (dont Van Gogh). Savez-vous qu’il a visité tous les musées du Monde ? Enfin, il a fait plusieurs fois le tour de la planète, car les voyages font partie de sa vie (d’autant que son fils habite dans une île au Brésil).

Jean Férignac n’a jamais quitté le hand, puisqu’il entraîna et devint Directeur Technique National de 1985 à 1988, amenant Daniel Costantini dans ses bagages et l’on sait ce qu’il advint de ce choix prémonitoire. Aujourd’hui à la retraite, Jean a toujours son bureau à Gentilly…