31 octobre 1961

USAM Nîmes.

Champion de France 1988, 1990, 1991, 1993.
Vainqueur de la Coupe de France 85, 86 et 94.

212 sélections
De 1983 à 1992

JO 92 : 3e.
CM B 85 : 11e ; CM C 86 : 1er ; CM B 87 : 8e ; CM B 89 : 5e ; CM 90 : 9e.

 

AILIER GAUCHE

LE FIDELE

Fils d'international et natif de... Sète, Alain Portes pouvait-il échapper à son destin de handballeur ? Pas sûr que l'enfant de Maurice et bientôt de la balle se soit un jour posé la question !

En fait, seul son amour du rugby, Béziers ne se trouvant qu'à une portée de drop de la patrie de Brassens, aurait pu détourner le petit Alain des duels de zone. Mais puisqu'il ne fut pas trois-quart, il grandira à tirs d'ailes. Ballon rond en mains...

Juste avant, comme tous les gamins de son âge, celui-ci entamera son parcours sportif au FC Sète, alors port d'attache du football héraultais. Très vite cependant, à la vitesse d'une contre attaque qui devint rapidement sa marque de fabrique, Portes junior rejoint le club créé par son père, le Sète… Olympique. Un qualificatif prédestiné pour le fiston qui ne peut alors l'imaginer.

Le "petitou", attaquant naturel, figura ensuite dans la plupart des sélections de jeunes jusqu'à ce que l'Usam Nîmes, alors en Nationale 2, ne le repère puis l'enrôle. Alain Portes n'est que junior, il va grandir avec le club de la Rome française qui abritera l'intégralité de sa carrière quinze ans durant.

Au sein d'une équipe de coupeurs de têtes couronnées, "Bip-bip" donnera le tournis à ses amis parisiens, titis d'Ivry, de Gagny, ou rivaux marseillais. Dans son antre de Pablo-Neruda, tombeau de bien des équipes dès la fin des années quatre-vingt, et pas seulement de Nationale, ce coyote des surfaces (d'où le surnom hérité en référence à une vitesse de course rappelant celle de l'animal de cartoons…) laissa son empreinte aux murs qu'il escaladait allègrement. Au sens propre comme au figuré tant l'image de l'ailier concluant ses attaques par un saut de l'ange en appui très haut perché sur les derniers remparts de la salle est restée gravée dans l'inconscient collectif de tout un peuple…

Intégré au Bataillon de Joinville, le soldat Portes endosse en 1983 la tunique bleue. Appelé par Jean-Michel Germain, débutant contre la Norvège à la place…d'Eddie Couriol, blessé, il connaîtra, neuf ans plus tard la consécration à Barcelone. Bronzé sans jouer la petite finale, père la sagesse au milieu d'une sacrée bande de Barjots, le Nîmois aura tout vécu de l'aventure entamée sous la direction de Daniel Costantini, sudiste comme lui. D'un Mondial C, comme commencement, remporté "a la muerte" en 1986 au Portugal, à l'or Islandais, vécu par procuration via les Volle, Lathoud, Gaudin, Kervadec, Gardent, d'anciens coéquipiers chez les Bleus ou à l'Usam. Dont certains disputaient, un an plus tôt, à ses côtés, la première Ligue des Champions avec Nîmes.

En 1994, deux ans après sa retraite internationale, Alain Portes quittait les parquets sur un ultime titre, une troisième Coupe de France gonflant un palmarès déjà rempli de quatre couronnes de champion de France. Ce prof de sports, capésien, arrêtait un sport qu'il avait connu, comme tant d'autres, à l'âge des cours d'écoles.

Devenu entraîneur, mais jamais à la tête de l'Usam qui se refuse à lui et inversement, Alain Portes trouva son bonheur dans le club voisin et féminin de la ville. Avec le HBC Nîmes, il a remporté la Challenge Cup 2001, le seul trophée européen des handballeuses françaises à ce jour.

C'était l'année dernière, juste avant que sa carrière de joueur ne le rattrape et qu'Alain Portes ne se rappelle aux bons souvenirs des sélectionneurs du sept tricolore de tous les temps…