Stoecklin, le retour
© Dernières Nouvelles d'Alsace, Samedi 23 Août 2003.

Sept ans après l'avoir quitté, Stéphane Stoecklin retrouve, cette saison, le championnat de France. Au sein d'un SO Chambéry avec lequel il participera, de mercredi à samedi prochain, au 10e EuroTournoi de Strasbourg.

La boucle est bouclée. Enfant prodige du handball français, Stéphane Stoecklin retrouve, 15 ans après, Chambéry. Là ou il a disputé, en 88, ses premières rencontres en tant que senior. Tour à tour Montpelliérain (du temps de la Paillade de Loulou Nicollin), Nîmois (et champion de France), puis Parisien (au PSG), « Stoeck » le surdoué, « bras séculier » (dixit Daniel Costantini) d'une équipe de France avec laquelle il fut sacré champion du monde en 1995 en Islande, effectue cette année un retour aux sources attendu autant qu'espéré.

« J'assume... »

 Car c'est vrai qu'il a manqué au handball français ce « Stoeck » là ! Parti trop tôt à l'étranger (à Minden où il fut sacré en 1997 meilleur buteur de la Bundesliga l'année même où ses pairs le désignèrent comme joueur mondial de l'année), trop tôt aussi retraité de l'équipe de France (il annonça son départ en 1999 au Caire, en plein championnat du monde).  « Si je devais avoir un regret, ce serait celui-là, avoue d'ailleurs le néo-Chambérien. Avoir quitté trop tôt le haut niveau, tant en club qu'en sélection. Mais bon, j'ai fais un choix à l'époque et je l'assume. »  Avouant avoir répondu aux sirènes nippones pour « assurer mon avenir », Stéphane Stoecklin est ainsi parti tenter l'aventure japonaise il y a cinq ans. Rejoignant alors, avec Frédéric Volle (aujourd'hui coach-adjoint de la sélection nationale) Honda Suzuka, équipe avec laquelle il remporta... cinq championnats et deux coupes. Avec laquelle, aussi, il participa à l'EuroTournoi 1999.

Nouveau, ancien

 « C'était un choix osé, poursuit Stoeck. Qui m'a permis de m'ouvrir d'autres horizons. De découvrir une autre façon de voir les choses. Je ne regrette rien, vraiment rien. Comme je ne regrette pas d'avoir décidé un retour en France. »  Annoncé un moment au Paris HB, l'ami Stéphane a finalement décidé de rejoindre Chambéry, le club de ses débuts. De retrouver ses potes Marc Wiltberger et Laurent Munier, ses entraîneurs Philippe Gardent et Mario Cavalli « avec lesquels j'ai joué ! Finalement, je suis à la fois le petit nouveau et le plus ancien du club... »  Et le pari est de taille. Parce que, à 34 ans (il a signé un contrat de trois ans), Stéphane Stoecklin a peut-être plus à perdre qu'à gagner. « Je sais que je serai attendu un peu partout. Mais ceux qui pensent revoir un Stoeck bedonnant, sur le retour, se trompent. Je suis revenu bourré de volonté et d'envie. Pour gagner une Coupe d'Europe dans les trois ans à venir. »

« Ne pas terminer dans l'oubli »

 Il aurait pu « se la couler douce » ailleurs. Au Japon encore ou dans un autre paradis pour handballeurs en préretraite. Stéphane Stoecklin a décidé de remettre ça. De se fixer un nouveau challenge. De ne pas mourir loin de ceux qu'il a tant de fois fait rêver.  « Je ne voulais pas, c'est vrai, terminer dans l'oubli, là-bas, au Japon. J'avais besoin de me retrouver une motivation, de me prouver et de prouver que je pouvais encore gagner des choses. Je suis revenu pour ça et je suis bien décidé à me mettre la tête par terre pour y parvenir. »  Pas durant l'EuroTournoi cependant. Touché au genou (« un problème de cartilage ayant nécessité une arthroscopie »), Stéphane Stoecklin effectuera le déplacement en Alsace la semaine prochaine. Mais suivra du banc de touche les prestations de ses coéquipiers chambériens. Mais sera d'attaque dès le premier match de championnat. Ce sera le 13 septembre face au Paris HB, son dernier club français avant l'escapade étrangère que l'on sait...

A.V.