© Dernières Nouvelles d'Alsace  - Mar 20 juil. 2004

Thierry Omeyer, le boulimique

Thierry Omeyer : « C'est grand de participer aux Jeux, c'est encore plus grand d'y réussir quelque chose.(Photo DNA - Bernard Meyer)

L'EuroTournoi aura, de jeudi à dimanche, son régional. Gardien du temple tricolore depuis quatre ans, Thierry Omeyer, l'Alsacien, revient au pays, des rêves plein la tête.

 

Thierry Omeyer fait partie des 15 joueurs sur lesquels Claude Onesta a misé. De ces 15 chercheurs d'or sur lesquels la France du handball compte pour décrocher le pompon olympique, le 29 août prochain à Athènes.
 Pas vraiment une surprise, l'Alsacien faisant partie depuis un moment des tous meilleurs gardiens de la planète. Mais l'occasion d'un pari, d'un énorme pari que le Montpelliérain entend gagner. A l'instar des 14 gaillards avec lesquels il s'apprête à entrer dans l'arène.

« Un truc grandiose »

 « Les Jeux, c'est quelque chose à part, confie l'ancien Sélestadien. Un truc grandiose qui n'est pas donné à tout le monde. Si t'en fais deux dans ta vie, c'est énorme. Moi, ça me fait rêver. Et ça me donne vraiment l'envie de m'arracher, de tout donner pour ne pas en revenir les mains vides. Parce que ce que tu gagnes aux Jeux, personne ne te l'enlèvera jamais. Ça reste, quoi qu'il arrive. »
 Motivé, motivé, Thierry Omeyer qui ne pense plus, ne vit plus, ne mange plus que pour ça. « On a tous eu un petit coup de mou à l'annonce des joueurs retenus pour Athènes. Parce que ça fait 15 jours qu'on travaille ensemble et qu'il faut en laisser quatre sur le bord de la route. Mais, d'un autre côté, de savoir qui en sera et qui n'en sera pas va nous permettre de mieux préparer les matches qui nous attendent. De penser moins à nos performances individuelles qu'à celles du collectif. »

« Éviter le piège »

 Il en sera, bien évidemment. Mais pour Thierry Omeyer, le bonheur n'est pas là. « C'est grand de participer aux Jeux, c'est encore plus grand d'y réussir quelque chose. Et on a, là, un groupe qui sait ce qu'il veut. C'est au minimum un podium, mais il n'y en a pas un d'entre nous qui ne rêve pas d'or... »
 Surtout pas lui, champion du monde en 2001 et vainqueur de la Ligue des Champions deux ans plus tard, qui, pour ce qui est des victoires, fait montre d'une véritable boulimie. « D'avoir connu de belles choses te donne encore plus envie d'y regoûter. D'autant que nous avons les moyens de nos ambitions. »
 « Le tout, poursuit le Haut-Rhinois, sera de ne pas tomber dans le piège... » Celui du strass et des paillettes qui, d'acteur, transforme le sportif en spectateur. « Les anciens nous ont prévenus. Aux Jeux, on est chouchoutés, dorlotés. Ça peut comporter quelques risques. Depuis le début de la préparation, on s'efforce de ne pas l'oublier. Et le seul moyen pour y parvenir est de se concentrer tout entier sur la compétition. »

« Gagner l'EuroTournoi »

 Ne penser qu'à ça et faire le nécessaire pour arriver à Athènes avec toutes les (bonnes) cartes en main. « Il y a trois ou quatre équipes qui peuvent prétendre l'emporter. Et nous en sommes. Mais pour arriver à nos fins, il va falloir nous montrer performants sur la durée. A cet égard, l'EuroTournoi est très important. »
 Important parce qu'il va permettre aux Tricolores de mettre en pratique tout ce qui aura été travaillé à Thonon, Rodez puis Vittel. Parce que, aussi, il sera l'occasion d'affronter des équipes qui, elles aussi, seront de la partie en Grèce. « Pour tout ça, on a envie de gagner ce tournoi. Même si c'est dans trois semaines qu'il conviendra d'aligner les résultats positifs. »
 Et quand on lui parle des échecs ayant marqué les campagnes 1996 (Atlanta) et 2000 (Sydney), Thierry Omeyer de rassurer tout son monde. « Sincèrement, je pense que ce groupe-là est assez concerné par sa performance collective pour ne pas tomber dans les excès... »

A.V.