© Dernières Nouvelles d'Alsace  - Jeu 22 juil. 2004

Le tournoi des As

Jackson Richardson en guest-stars, on ne pouvait rêver mieux pour cette 11e édition de l'EuroTournoi.(Photo AFP)

Onzième édition à très forte coloration olympique pour l'EuroTournoi qui s'ouvre à 19h30 au Rhenus avec un France-Égypte idéal en rampe de lancement. Avant que l'Espagne et la Hongrie, autres qualifiés pour Athènes, n'entrent dans l'arène demain.

L'air de rien, tout ça commence à devenir une habitude. Et on a beau ne pas les aimer, les habitudes, si celle-ci pouvait être amené à perdurer, ça ne serait pas plus mal. C'est que pour la deuxième année consécutive, le Rhenus va faire office de réceptacle à paillettes, de boite à rêve et contribuer à égayer un été comme toujours sportivement mou de la guibole.
 L'an passé, grosso modo à la même période, c'est l'équipe de France de basket d'un Tony Parker tout juste oscarisé de l'autre côté de l'Atlantique qui avait essuyé les plâtres et s'y était collée. Avec l'ambition, pour le meneur prodige français, de fondre sur l'Europe comme il avait fondu sur les States.
 L'affaire fera long feu, on s'en souvient, mais enfin, c'est ici, au coeur d'un été caniculaire et dans cette salle qu'on avait fini par baptiser « arlésienne », que les hommes de Weisz étaient venus effectuer leur seul galop d'essai hexagonal. Et les murs en avaient tremblé.

Plus le niveau monte...

 Qu'un an plus tard quasiment jour pour jour ce soit l'équipe de France de handball qui vienne à son tour fouler le parquet strasbourgeois n'est certainement pas un hasard. C'est le résultat d'un savoir-faire depuis longtemps éprouvé et de l'édification d'un outil enfin adapté aux strictes exigences du très très haut niveau.
 Habitués à mettre sur pied de grosses éditions de leur EuroTournoi depuis la création de celui-ci il y a dix ans pile-poil, les organisateurs de ce qui est devenu l'une des manifestations majeures de hand en Europe ne sont évidemment pas pour rien dans le choix de Claude Onesta d'amener les siens à Strasbourg.
 Au fil des saisons, les bénévoles de l'ET ont prouvé qu'on pouvait compter sur eux et que plus le niveau du plateau était relevé, plus ils étaient à l'aise. Et maintenant qu'ils ont la salle qu'il leur fallait, on ne voit pas bien ce qui peut les arrêter.

Comme une évidence

 Ça, les internationaux français et étrangers le savent évidemment pour être venus se frotter aux défenses adverses - à la Robertsau, à Reichstett ou à Schiltigheim avant de se fixer l'an dernier au Rhenus - sous le maillot de leurs clubs du moment ou de la sélection nationale.
 L'EuroTournoi comme une évidence donc. Sauf que cette année, ce cadre-là sera largement dépassé. Pour tout dire, une fois donné le coup d'envoi du premier match entre la France et la Hongrie, cette question-là ne sera plus qu'anecdotique.

Richardson et Dujshebaev

 D'abord parce que, comme en 2000 avant les Jeux Olympiques de Sydney, les quatre équipes engagées seront à Athènes dans moins d'un mois avec, au moins pour les Français et les Espagnols, l'ambition de repartir avec la médaille d'or autour du cou. Avec ce que cela suppose de pression et d'enjeu pour les sélectionnés de nations majeures, ou à tout le moins d'outsiders déclarés, sur leurs continents respectifs.
 Et puis parce que ce 11e EuroTournoi mettra face à face deux monstres sacrés du hand qui se mettront en réserve de la république après Athènes. Jackson Richardson et Talant Dujshebaev en guest-stars, on ne pouvait rêver mieux pour cette édition-là. Non, décidément, on ne pouvait.

P.C.