L'Alsace 26 07 2004

La France dans le tempo

 

Même s'il n'a pas été très heureux dans ses tirs, Joël Abati a contribué dans d'autres domaines et notamment en défense à offrir ce succès encourageant pour la France. (Photo Dominique Gutekunst )

En remportant ses trois matches de l'EuroTournoi, notamment le duel face à l'Espagne, hier à Strasbourg, l'équipe de France de handball s'est adjugé le challenge. Ses succès prouvent qu'on pourra compter sur elle à Athènes.

Même si l'on a appris à se méfier des matches de préparation, dans le sens où il faut toujours garder à l'esprit que leur résultat compte pour du beurre, ils permettent tout de même de se faire une petite idée de l'état d'avancement des travaux. Et dans cet ordre d'idée, l'architecte Claude Onesta, qui a bâti son groupe pour le conduire vers les sommets de l'Olympe dans moins de trois semaines, a posé de solides fondations. On a pu s'en rendre compte durant les quatre jours de l'ET, le tournoi préolympique strasbourgeois, qui rassemblait quatre équipes qualifiées pour les Jeux d'Athènes. Le retour des joueurs de l'équipe de France sur les parquets, après plusieurs semaines de stage, a été une pleine réussite puisque les Bleus ont remporté leur trois matches signant ainsi un grand chelem qui leur permet de succéder à l'équipe de Russie au palmarès du tournoi. Les Russes étaient montés sur la plus haute marche du podium quelques semaines plus tard à Sydney. Quatre ans plus tard, les Français leur ont emboîté le pas. Pour un destin similaire ? A voir. En tout cas sur ce qu'on a vu hier face à l'Espagne, tous les espoirs sont permis. Les Bleus sont dans le tempo et ont livré, sans aucun doute, leur meilleure prestation de toute cette fin de semaine. S'ils n'ont pas été parfaits, ils ont montré qu'ils avaient du coeur pour aller chercher une victoire face à un adversaire tout aussi déterminé mais qui a vu beaucoup de ses chances échouer devant le dernier rempart de l'équipe de France, un Thierry Omeyer, décidément de classe mondiale et prophète en son pays. Car même si leur défaite face à la Hongrie leur avait enlevé toute chance de remporter le trophée, les Espagnols n'étaient pas décidé à tendre l'autre joue face à la France. Bien au contraire, c'est d'ailleurs pourquoi la bataille a été âpre, l'Ibère se montrant toujours rude face au Français. En marquant les trois premiers buts des Tricolores, Jérôme Fernandez salue à sa façon ses coéquipiers de Barcelone qui évoluent en face (3-2, 5e). Mais la réplique ne tarde pas si bien que l'Espagne s'octroie même deux buts d'avance (10-12) à cinq minutes de la pause sifflée sur un score de parité grâce à deux buts de Guigou et de Bertrand Gille. En seconde période le chassé croisé se poursuit, toujours aussi engagé et passionnant. Alors qu'Anquetil, très actif, inscrit quatre des cinq premiers buts français, les Espagnols conserve la direction des opérations jusqu'à 20-19 (48e). Mais à la faveur d'un 4-0 initié par Kervadec, la France creuse pour la première fois un écart qui s'avère déterminant (23-20) à six minutes de la fin. Une ultime pression espagnole dans les dernières secondes (24-23) laisse planer la menace d'un nul, écartée au dernier moment par une belle action collective et la délivrance signée Karabatic.

Christian Weibel