© Dernières Nouvelles D'alsace, Mardi 22 aout 2006

Heureux qui comme Dinart...
Ciudad Real, le champion d'Europe en titre, sera une des attractions du 13e EuroTournoi de Strasbourg débutant ce jeudi au Rhenus Sport. Et Didier Dinart est une des pièces maîtresses de l'équipe espagnole.

Didier Dinart (au tir sous les yeux de Jackson Richardson, lui aussi présent à Strasbourg) et Ciudad Real seront les favoris du 13e EuroTournoi débutant ce jeudi au Rhenus Sport. (Photo AFP)

Il est parti de Montpellier il y a trois ans. En pleine gloire, tout juste auréolé d'un titre de champion d'Europe des clubs qui lui assurait un avenir doré dans l'Hérault comme dans le championnat de France.
 Mais Didier Dinart, un des tous meilleurs défenseurs du monde, digne successeur de l'emblématique Pascal Mahé, s'est décidé à doubler la mise. A rejouer ses gains pour rejoindre Ciudad Real, bonne formation de la Liga sans plus, mais présidé par un homme, Domingo Diaz de Mera, décidé à faire, à court terme, de son club un grand d'Espagne, une équipe à même de bousculer l'ordre établi dans un championnat dominé jusqu'alors par Barcelone et Pampelune.

« Les Jeux olympiques, un challenge personnel »

 Pari gagnant pour Didier Dinart qui, en trois ans, s'est fait un nom dans la dite Liga tout en se forgeant un palmarès à en faire pâlir Jackson Richardson lui-même, c'est dire. Un palmarès long comme le menu d'un restaurant chinois. Champion du monde (2001) et champion d'Europe (2006) avec l'équipe de France, deux fois vainqueur de la Ligue des champions (2003 avec Montpellier, cette année avec Ciudad Real), quelques coupes et championnats en prime : difficile de faire mieux.
 « J'ai signé ici pour remporter les titres que je gagne actuellement. En fait, il ne me manque plus aujourd'hui qu'un titre olympique, constate avec bonhomie et modestie Didier Dinart du haut des 2 320 mètres de la Sierra Nevada où Ciudad Real a préparé sa saison. Cette absence de résultats aux Jeux est une plaie béante pour l'équipe de France. Je me suis fait un challenge personnel de la fermer à Pékin. Je n'irai là-bas que pour gagner et je m'y "saignerai en quinze" pour y décrocher l'or. »
 Il reste deux ans au « Roc » pour motiver s'il en était besoin ses coéquipiers en équipe de France. Deux ans durant lesquels le garçon, blond des cheveux et du bouc, entend rajouter quelques lignes à son palmarès.
 « De toute façon, avec l'équipe que nous alignons (les mêmes que la saison passée plus l'excellent Slovène Zorman), nous ne pouvons qu'aborder chaque compétition pour la gagner. »

« Que de bons souvenirs de l'EuroTournoi »

 L'EuroTournoi aussi ? Pas forcément évident dans la mesure où les Espagnols sont, à l'instar des autres formations présentes à Strasbourg d'ailleurs, en pleine préparation. « Bien sûr qu'on vient pour l'emporter. Mais c'est vrai aussi qu'il n'y aura pas mort d'homme si ne revenons pas de Strasbourg vainqueurs. »
 Pour y avoir participé trois fois (avec Montpellier et l'équipe de France), Didier Dinart, 29 ans, se réjouit de ce passage en Alsace. « Je ne garde de l'EuroTournoi que de bons souvenirs. C'est un tournoi superbement organisé où le convivial a toujours sa place ».

« Je ne peux que me féliciter de mon choix »

 Heureux de revenir à Strasbourg, heureux de jouer et de vivre à Ciudad Real, heureux tout court Didier Dinart. D'autant que la vie lui est belle en Nouvelle Castille. « Sportivement comme humainement, je ne peux que me féliciter de mon choix. Ici, c'est tranquille, agréable, convivial. La ville et les gens sont sympas, on s'entend bien entre joueurs. Il me reste un an de contrat et, pour toutes ces raisons, je pense que je resterai en Espagne. »
 Ce ne sont certainement pas le grand Talent Dujshebaev, son entraîneur ni les supporteurs de Ciudad Real qui s'en plaindront. Et voilà qui laissera tout loisir, sans déménagement à l'horizon, à Didier Dinart d'assouvir un autre rêve : devenir papa...

A.V