© Dernières Nouvelles D'alsace, Jeudi 24 aout 2006

Les trois coups

L'EuroTournoi de Strasbourg, 13e du nom, débute ce soir au Rhenus Sport. Les deux équipes françaises engagées, Montpellier et Chambéry, affronteront respectivement les Hongrois de Szeged (20h) et les Suédois de Savehöf (18h).

Jackson Richardson et Chambéry ouvrent le bal, ce soir (18h), face à Savehöf. Une entrée en mode majeur. (Photo archives DNA)

C'est parti ! En attendant les entrées en lice, demain, de Ciudad Real, l'équipe du « reste du monde », et de Szeged, le 13e EuroTournoi de Strasbourg propose, ce soir, deux affiches d'autant plus intéressantes que les deux clubs français présents durant ces quatre jours en Alsace seront de la partie.
 Deux clubs français et pas des moindres, forcément, vu le plateau proposé cette année par les responsables de l'ET qui ont signé le tour de force de faire mieux encore que par le passé. Cinq des six formations invitées disputeront cette saison la Ligue des champions, seuls les Suédois de Savehöf, pourtant 2e de leur championnat, n'étant pas invités à la table des grands.

Obligés d'entrée de bien faire

 On commencera donc par Chambéry - Savehöf (18h) et Montpellier - Szeged (20h). Deux matches qui pourraient, qui devraient permettre aux Français de débuter le tournoi de la meilleure des façons. Face aux jeunes suédois et aux expérimentés hongrois, rien ne s'annonce forcément facile. Mais s'ils veulent, les uns (Héraultais) comme les autres (Savoyard) jouer un rôle en cette fin de semaine à Strasbourg, le champion de France et son dauphin sont obligés de bien faire dès aujourd'hui.
 Bon, c'est vrai, ils ne sont obligés à rien, ce tournoi représentant, pour les hommes de Patrice Canayer comme pour ceux de Philippe Gardent, autant de matches de préparation à quinze jours du début du championnat de France. Mais quand on sait ce que représente l'EuroTounoi pour Montpellier (9e participation, un succès en 1994) comme pour Chambéry (trois fois vainqueur à Strasbourg), il ne fait guère de doute que tous voudront briller.

« On va faire le tour de l'Europe du handball »

 Tous, ce sont également Ciudad Real, vainqueur de la Ligue des champions la saison dernière et la plus belle armada qui soit actuellement, Savehöf, ambassadeur d'une Suède qui rêve de redevenir la terreur qu'elle fut il y a quelques années, les Hongrois de Szeged ou Gudme, digne représentant d'un handball danois habitué à occuper le devant de la scène.
 Daniel Costantini, fidèle parmi les fidèles d'un tournoi dont il a été unilatéralement choisi comme parrain (l'ancien entraîneur de l'équipe de France en sera à son 12e ET !) ne dit pas autre chose lorsqu'on lui demande de se prêter aux toujours périlleux jeu des pronostics.
 « Encore une fois, ce tournoi est d'un excellent cru, confie le Marseillais. Il est toujours difficile de comparer d'une saison à l'autre, mais le plateau proposé cette année est de grande qualité avec ce must que constitue la présence de Ciudad Real. Le tableau est, de plus, très éclectique et promet quelques belles oppositions de style, ce qui ne le rend que plus intéressant. On va faire, en quelques jours, le tour de l'Europe du handball... »
 Avançant un droit de réserve qu'on lui accordera volontiers, le double champion du monde (1995 et 2001) préfère ne pas trop disserter sur Montpellier et Chambéry. Juste dire « que ce sont deux formations de qualité à propos desquelles il n'y a pas lieu d'être inquiet. Ce tournoi constitue avant tout une bonne répétition avant la reprise, mais quand on sait leurs qualités respectives, les retrouver au bout ne serait pas étonnant. Et s'il doit y avoir confrontation, autant que ce soit en finale... »

« Ciudad Real, la dream team »

 Pour le reste, Daniel Costantini se montre plus disert. « Ciudad Real, c'est la dream team, les galactiques du hand. Je ne les ai jamais vu qu'à la télé et je suis curieux de constater de visu comment Dujshebaev (l'entraîneur de l'équipe espagnole) va s'y prendre pour coacher une telle équipe... Szeged n'est peut-être pas Veszprem, mais Montpellier est placé pour savoir qu'il convient de s'en méfier (les Hongrois avaient éliminés les champions de France il y a trois ans en Ligue des champions). Il sera forcément intéressant de les voir jouer. Savehöf, c'est la jeunesse et on sait ce que la formation à la suédoise veut dire. Pour preuve la place en finale de la Suède aux derniers championnats d'Europe espoirs. Gudme, enfin, c'est la technique, la vitesse et l'orgueil propres aux Danois. Même en tournoi et surtout face à des formations françaises, ils joueront fond. »

Un palmarès fort d'équipes parmi les meilleures

 Il n'y aura ainsi que du beau monde à briguer la succession de Gummersbach (absent pour cause de championnat allemand débutant dès la semaine prochaine) au palmarès d'un EuroTournoi qui a déjà couronné des équipes parmi les meilleurs (Celje, Grosswallstadt, Magdebourg, Kiel, la Russie ou la France entre autres). « Autant de rencontres d'une grosse intensité » termine Daniel Costantini.
 Premières de ces rencontres là ce soir. Premiers combats, premières indications et premières deux équipes à prendre une option sur une finale qui se disputera dimanche à 17h. Premier, aussi, de quatre jours de handball de haut niveau, on s'en lèche les babines...

A.V