© EuroMag, Vendredi 25 aout 2006

Prince à Montpellier,
"Bubu" roi à Chambéry

Les yeux cernés par quatre matches en deux jours la semaine dernière en Allemagne, et un long périple en bus effectué la veille pour rallier l’Alsace depuis Chambéry, le capitaine Savoyard Laurent Busselier accepte avec gentillesse et sourire de retracer les moments forts de sa carrière, à l’issue de la victoire contre Savehöf en ouverture de l’Eurotournoi.

Né à Nice et Marseillais d’adoption (la sonnerie de son portable est un enregistrement de chansons de supporters réalisé au Vélodrome), Laurent débute sa carrière à Montpellier ou de 19 à 23 ans, il sera toujours le prince de l’aile gauche, sans être couronné. " C’est mon 1er club pro, j’y ai appris le haut niveau, et au contact des meilleurs joueurs du championnat je me suis enrichi au niveau handballistique et physique, se souvient-il, avant de poursuivre, sans amertume ni rancœur, " mais la direction a fait d’autres choix de joueurs, c’est pour ça que j’ai quitté le club ". A l’intersaison 200-2001, " Bubu " pose donc ses valises à Chambéry, un club qu’il juge plus familial que Montpellier, où il avait plus de recul avec les dirigeants, et remporte dans la foulée le titre de champion de France. " Une grande fierté ", affirme-il tout simplement, " sans sentiment de revanche par rapport à ma période Héraultaise, qui a permis de me transformer, par rapport au jeune ado que j’étais ".

 

CHAMBERY TERRE DE… PETANQUE

Car il en a pris de la maturité, depuis son arrivée à Chambéry. Père d’un petit Yanis depuis 4 ans, et capitaine de Chambéry, Laurent s’épanouit pleinement en Savoie, où il savoure des ballades dans la verdure ou la neige. Par moment, son côté méditerranéen ressort malgré tout, lors d’interminables parties de pétanque, notamment avec son coéquipier Guillaume Joli. Mais son aire de jeu favorite reste le gymnase Chambérien, quoiqu’il attende impatiemment le Phare, la nouvelle salle qui permettra à son club de franchir un nouveau pallier, en doublant son budget, et en rapatriant au bercail l’international Daniel Narcisse.

UN QUATRIEME TATOUAGE ?

Car Chambéry, éternel Poulidor du hand français derrière l’Anquetil Montpelliérain, veut désormais changer de braquet et passer à la vitesse supérieure pour devenir le nouveau numéro 1 du hand hexagonal, ou au moins un numéro 1 bis. De l’ambition, le club en regorge donc à revendre, et Laurent sent bien la saison, avec " un groupe solidaire et jovial, renforcé par des grands gabarits qui ont fait défaut au club la saison dernière ". Dans cet amalgame de jeunes et d’anciens, impossible de ne pas évoquer " Jack ". Richardson est en quelque sorte " capitaine honoraire ", comme l’explique cap’tain Laurent : " c’est plus un capitanat partagé, Jack est très présent dans les discussions, alors que je ne suis pas un leader naturel. J’essaye simplement de transmettre mon amour du maillot aux plus jeunes, sans crier ni hausser la voix ". Adepte des tatouages maoris, il en a 3, un sur chaque jambe et un dans le dos, qui correspondent tous à des événements joyeux ou tristes de sa vie, on lui souaite un 4e tatouage joyeux, pour un nouveau titre de champion de France, ou un brillant parcours en ligue des champions.

Aurélien Gasser