© EuroMag, Dimanche 27 aout 2006

Michaël Guigou, l'ailier pressé

Habitué à brûler les étapes, Mickaël Guigou n'a que 24 ans, mais un palmarès énorme forcément appelé à s'étoffer encore. Et à vitesse grand « V ». (Photo DNA - Laurent Réa)

A 24 ans, l'ailier gauche Michaël Guigou est depuis plusieurs saisons l'un des principaux atouts de Montpellier et de l'équipe de France. Une ascension en accéléré, à l'image de ce jeune homme pressé.

 Difficile de ne pas apercevoir Michaël Guigou en ce moment à Strasbourg. L'ailier gauche international est présent aux quatre coins de la ville sur les affiches officielles de cette 13e édition de l'EuroTournoi.
 Le Montpelliérain qui s'apprête à tirer au but, le regard empreint de détermination, c'est lui. Pour ce jeune homme aux 24 printemps, figurer sur l'affiche du tournoi strasbourgeois est une marque de reconnaissance supplémentaire.
 Depuis qu'il a rejoint les rangs de l'équipe fanion du Montpellier Handball en 2 001, Michaël Guigou truste les titres avec l'ogre héraultais : 5 sacres de champion de France, 5 coupes de France et surtout la victoire en Ligue des champions 2 003.

Vif comme l'éclair

 Le natif d'Apt est devenu l'un des principaux fers de lance de son club, au point d'être élu plusieurs fois meilleur ailier gauche de l'Hexagone : « Le plus important dans ces récompenses, c'est qu'elles sont la preuve d'une certaine constance, explique t-il. Il faut tout faire pour être le meilleur rapidement et le rester le plus longtemps possible. »
 L'ailier gauche au gabarit passe-partout (1,79m, 79 kg) peut aussi se targuer d'avoir été élu « joueur le plus sexy » par un magazine qui avait interrogé plusieurs joueurs et joueuses de première division.
 « Ce vote récompense aussi le style de jeu, précise le Montpelliérain. C'est vrai que j'aime bien faire le spectacle, à condition que l'efficacité soit au rendez-vous. Si je peux faire une passe dans le dos, je ne vais pas m'en priver. »
 Sur les terrains, Michaël Guigou fait penser à « Speedy gonzales », petit personnage de dessin animé, vif comme l'éclair et insaisissable. Pour s'en convaincre, il suffit de se remémorer son raid de la dernière minute contre Szeged jeudi.
 Après avoir traversé tout le terrain pour chiper le ballon à un Hongrois parti en contre, l'ailier montpelliérain offre une passe aveugle à l'un de ses coéquipiers, repart à toute vitesse dans l'autre sens pour se retrouver devant le but adverse et finalement manquer d'un rien un but sur « kung-fu ». Le tout en quelques secondes.

Habitué à brûler les étapes

 Malgré cette action de grande classe et ses trois buts face aux coriaces Magyars, Michaël Guigou se dit loin de sa forme optimale : « Je retrouve petit à petit mes sensations après une déchirure à un adducteur. Mais j'ai encore du mal physiquement et je subis un peu le contrecoup de la reprise. Je dois être patient. »
 La patience, une véritable gageure quand on est, comme lui, habitué à brûler les étapes. Guigou débute en équipe de France à tout juste 20 ans. Aujourd'hui, l'ailier est une pièce maîtresse des Tricolores de Claude Onesta :« Michaël est allé vite car il est doué, explique le sélectionneur. Il n'y avait pas de raison de le faire attendre. S'il est modeste et réservé, c'est un leader par l'exemple. »
 Guigou a fait ses premiers pas en Bleu peu de temps après le départ de Daniel Costantini qui le connaît depuis tout petit. Voire même un peu avant : «  Alors qu'elle était enceinte de moi, ma mère faisait un stage pour devenir entraîneur qui était dirigé par Costantini, raconte le feu follet de Montpellier. Il travaillait au Sport-études handball à Marseille. Il a dit à ma mère que dans 16 ans, elle m'inscrirait là-bas. »
 La prophétie de l'ancien sélectionneur s'est bien réalisée. Sauf que le petit Guigou a rejoint le sport-études de la cité phocéenne dès ses 15 ans. A l'époque déjà, Michaël était un garçon pressé.

Matthieu David