© EuroMag, Dimanche 27 aout 2006

Ola pour Stefansson!

Le basket-ball ou le football aurait pu un jour s'enorgueillir de compter parmi ses meilleurs joueurs Olafur Stefansson. En effet, l'Islandais de Ciudad Real s'est essayé à ces sports dans sa jeunesse. Dès 6 ans, il pratique le basket, le foot et le hand avec autant de bonheur. Plutôt occupé notre ami! "C'est vers 11 ans que j'ai un peu plus poussé vers le hand. Mais je n'ai arrêté le basket qu'à 14 ans et le foot à 19." Pourquoi le hand finalement? "Le Valur Reykjavik avait une bonne équipe de hand avec beaucoup d'internationaux. En les voyant, ça me faisait envie et comme on avait un super groupe, je suis devenu handballeur. En plus étant gaucher, j'attirais l'attention de mes entraîneurs. J'aimais autant le foot que le hand mais les circonstances ont fait que je devienne handballeur."

Après Barcelone

Olafur ne tarde pas à se faire un nom dans le hand islandais. Il intègre en effet l'équipe nationale après les JO de Barcelone où l'Islande a échoué au pied du podium contre ceux qui deviendront les Bronzés puis les Barjots.

Rapidement, le championnat islandais se révèle trop étroit pour son talent. Comme beaucoup de ses compatriotes il va s'essayer au handball allemand. Wüppertal l'accueille en D2 pour deux ans. Une première saison ponctuée d'une accession à l'élite lui permet de découvrir la Bundesliga la suivante. Là aussi son bras gauche ne laisse pas indifférent. Et Magdebourg lui fait les yeux doux. A tel point qu'il rejoint le club de l'ex-RDA en 1998. Il y côtoiera Kiki Gaudin, Joël Abati, Guéric Kervadec et autres Stefan Kretzschmar.

Olafur y découvre le top niveau européen des clubs. Avec Magdebourg, il se forge un palmarès éloquent: Champion d'Allemagne 2001, Coupe de l'EHF 1999 et 2001 et bien sûr, la Ligue des Champions 2002.

Lassitude

Mais après cinq saisons bien remplies, Olafur a fait le tour de la question dans le championnat d'outre-Rhin. "Cela devenait trop confortable à Magdebourg et même dans la Bundesliga. Je n'avançais plus, je stagnais. Il me fallait un nouveau challenge." Ce défi, il va le réaliser en Espagne, à Ciudad Real. Comment ce gars du nord va-t-il s'acclimater à la vie ibérique? "Je me suis facilement adapté à la vie de tous les jours. Je voulais connaître autre chose, une autre culture,." Son Français de coéquipier à Ciudad Real, Didier Dinart confirme: "Il est toujours avide de découverte. Lorsqu'on voyage on le voit toujours avec un gui de du lieu où se trouve et un carnet dans lequel il note des anecdotes sur l'équipe ou sur ses découvertes de voyage."

Talant et Raul

Mais côté hand les deux premières saisons ne sont pas au goût de notre Islandais. "Je n'étais pas heureux. Malgré les résultats, nous n'utilisions pas tout notre potentiel. Si bien que je voulais quitter le club après ces deux saisons." La nomination de l'immense Talant Dujshebaev comme entraîneur le fait changer d'avis. "Avec son adjoint, Raul Gonzalez, l'un ne va pas sans l'autre. Ils se complètent, c'est un peu le ying et le yang! C'est la plus belle équipe avec qui j'aie jamais joué." Il ne tarit pas d'éloge sur son équipe. "Avoir de grands joueurs, c'est bien mais s'ils ne jouent pas en équipe, ça ne sert à rien. Ciudad Real, c'est ma dream team avec des dream coaches!" Une dream team qui offre une deuxième Ligue des champions à Olafur au printemps dernier.

Et maintenant?

"Je m'accorde encore 2 ou 3 saisons à condition de rester à 100%, je ne veux pas faire la saison de trop ou régresser." S'il se voit volontiers finir sa carrière à Ciudad Real, l'équipe nationale lui tient toujours à coeur. Malgré ses 220 sélections, il n'a remporté aucune médaille dans une grande épreuve avec l'Islande. "Mais j'y crois. Je pense que d'ici deux ans, au Mondial en Allemagne ou au championnat d'Europe en Norvège, nous y parviendrons. Avec aussi l'espoir d'aller aux Jeux de Pékin en 2008. Si on se qualifie, j'arrêterai la Sélection après les JO."

D'ici là il y aura encore quelques titres à glaner avec sa dream team...