© EuroMag, Lundi 28 aout 2006

Rendez-vous en 2008

Claude Onesta : « L'EuroTournoi est devenu un tournoi référence à tous les niveaux ». (Photo DNA - Laurent Réa)

A l'instar de Daniel Costantini, son prédécesseur à la tête de l'équipe de France, Claude Onesta est devenu un fidèle de l'ET. Un tournoi que le Toulousain apprécie tout particulièrement.

Il était venu en 1999, alors entraîneur d'une équipe de Toulouse pas au mieux, mais que les responsables de l'EuroTournoi avaient malgré tout invité. Et il n'avait pas oublié. Nommé entraîneur de l'équipe de France en 2001, au lendemain du 2e titre de champion du monde remporté, à Paris par Daniel Costantini et sa bande, Claude Onesta n'a, depuis, plus manqué ce rendez-vous du mois d'août. En devenant un inconditionnel.
 « Ce tournoi est devenu une référence à tous les niveaux. Il continue de grandir, il s'est professionnalisé, mais il a toujours su garder sa particularité par l'état d'esprit et la convivialité qui y règnent. Les gens qui l'organisent savent ne pas se prendre au sérieux, tout en oeuvrant avec énormément de sérieux. On a beau chercher, il n'y a aucune fausse note... »

« Chacun a été au meilleur de sa compétence »

 Bel éloge de la part d'un habitué des grands rendez-vous qui fut de la partie avec l'équipe de France A' (2002 et 2003) puis avec la formation tricolore qualifiée pour les JO d'Athènes en 2004. Et qui pourrait fort bien remettre ça dans deux ans avant le rendez-vous olympique de Pékin. « Mais encore faudrait-il que je sois toujours en place et que l'équipe de France se qualifie pour les Jeux... »
 L'équipe de France... Difficile de l'imaginer ne pas être du rendez-vous chinois, elle qui a participé à toutes les grandes manifestations mondiale depuis... 1990. Elle qui a marqué les esprits lors des derniers championnats d'Europe en Suisse, décrochant sa première couronne continentale en affichant une supériorité à la suédoise.
 Premier titre, aussi, pour Claude Onesta entraîneur qui ne dissimule pas le plaisir qu'il a pu prendre à l'occasion. « On ne va pas parler d'une formule inadaptée. Jouer sept matches, les sept premiers de la compétition, en neuf jours ne répond plus à rien. En dehors de cela, c'est vrai que ces 15 jours-là nous ont tous marqué. Il en est ressorti une impression de sérénité totale à tous les niveaux. A celui du staff, arrivé à maturité avec les arrivées d'Alain Quintallet à la préparation physique, d'un toubib et d'un responsable vidéo. A celui des joueurs aussi. Chacun a été au meilleur de sa compétence. »

Puissance et sérénité

 Indispensable lorsque l'on sait le niveau d'un championnat d'Europe, le plus difficile des tournois puisque regroupant ce qui se fait de mieux.
 « Notre succès en Suisse tient à plusieurs bonnes raisons, poursuit Claude Onesta. Il y avait, d'abord, des affamés dans cette équipe de France, pas mal de joueurs n'ayant encore rien gagné. Tous, ensuite, voulaient montrer que l'équipe de France pouvait vivre "l'après trois stars" (Richardson, Anquetil et Kervadec venaient de prendre leur retraite internationale), ce que d'aucuns, dans leur entourage, pensaient impossible. Il y avait, enfin, la détresse d'Athènes et la galère tunisienne à effacer. »
 Il y avait le talent aussi et surtout. Bref, des raisons à la pelle de réussir dans une compétition n'ayant laissé aucun bon souvenir à un handball français qui n'avait jamais fait mieux qu'une 4e place aux championnats d'Europe (en 2000 en Croatie).
 « Notre défaite en poule face à l'Espagne a fait tomber les masques. Elle nous a mis devant nos responsabilités. Et personne ne s'est défilé. Il en a résulté, par la suite, une impression de puissance et de sérénité impressionnante. Le groupe s'est montré solidaire, honnête, travailleur et sa gestion n'en a été que plus fluide. J'avais dit aux joueurs que s'ils voulaient prouver quelque chose, c'était là, dans une compétition aussi difficile, qu'il fallait le faire. Ils ont su le faire. »

Objectif Pékin

 Impressionnante face à l'Allemagne (championne d'Europe en titre), l'Espagne (championne du monde) puis la Croatie (championne olympique) en finale, l'équipe de France s'est, d'ores et déjà, positionnée comme la grande favorite des Mondiaux 2007 organisés en Allemagne en janvier prochain.
 Mais Claude Onesta sait trop les pièges attendant ses troupes pour ne pas se poser de questions. « Serons-nous capables de retrouver une situation similaire, de montrer autant d'ambition en Allemagne qu'en Suisse ? Arriverons-nous à bien prendre la mesure de l'enjeu, à nous remettre en condition ? »
 L'entraîneur français en est forcément persuadé, sachant également que rien ne sera donné à sa formation. Et c'est pour trouver quelques réponses à ses questions qu'il regroupera tout son monde du 22 au 29 octobre, deux matches face à la Russie à la clé. Pour préparer ces Mondiaux, pour y décrocher une qualification aux JO promise au... seul vainqueur du tournoi.
 « Le but est de se gagner notre billet pour Pékin. L'emporter en Allemagne serait bien sûr l'idéal. Sinon, il nous faut terminer dans les quatre pour aborder les tournois de qualification dans les meilleures conditions. »
 Dans quel cas, promis, et pour peu que Claude Onesta en soit toujours (mais pourrait-il en être autrement ?), la France sera de l'EuroTournoi 2008. On en salive déjà...

A.V.