© EuroMag, Lundi 28 aout 2006

Montpellier mal payé
Les Espagnols de Ciudad Real ont remporté hier au Rhenus leur premier EuroTournoi en battant sur le fil et après prolongation des Montpelliérains qui ont presque toujours mené au score.

Mladen Bojinovic, stratosphérique et meilleur buteur du tournoi avec 25 réalisations. (Photos DNA - Laurent Réa)

Difficile de stopper Rolando Urios, le pivot de Ciudad Real.

L'armada Ciudad Real n'était pas invincible. Les corsaires montpelliérains ont bien failli couler l'équipe espagnole pourtant grande favorite de cet EuroTournoi avec sa pléiade de stars internationales.
 Après que Jean-Pierre Papin eût donné le coup d'envoi, ce choc entre champions d'Europe (en 2003 pour Montpellier, la saison dernière pour Ciudad Real) peut commencer. Les 4 500 spectateurs comprennent d'emblée qu'ils ne vont pas assister à une partie de franche rigolade entre amis. Les débats sont musclés. Montpellier se casse les dents sur les défenseurs espagnols qui semblent tous issus d'un moule à produire des double mètre de plus d'un quintal.

Un Karaboué de gala

 Pourtant, les Héraultais prennent progressivement les commandes du match grâce à un Daouda Karaboué chaud-bouillant dans le but (24 arrêts dans ce match pour le meilleur gardien du tournoi) et à un Juricek réaliste en attaque (5 buts).
 Un coup de canon de Hmam à 10 mètres offre un peu de marge aux Montpelliérains (10-7, 18e'). La machine Ciudad Real paraît en panne d'inspiration offensive. L'avance des Français culmine à 17-10 après un kung-fu du showman Bojinovic, idéalement servi par l'ancien Sélestadien Issam Tej. A la mi-temps, Montpellier vire en tête avec 5 longueurs d'avance (17-12).
 Les Espagnols sortent petit à petit la tête de l'eau au retour des vestiaires. Sous l'impulsion de Rutenka et de Zorman, ils recollent au score à la 56e' (27-27). Dans un Rhenus chauffé à blanc, Juricek remet les Français devant à 11 secondes de la fin (30-29). Mais sur l'aile droite, Stefansson trouve encore le temps d'égaliser.
 Prolongations. Personne ne lâche l'affaire (31 puis 32 partout), jusqu'à ce que Rutenka inscrive le but décisif sur penalty (33-32). L'ultime tentative de Greg Anquetil sur coup franc n'y changera rien : Ciudad Real a gagné. Mais Ciudad Real a senti le vent du boulet passer tout près.
 Et cette finale, qui a tenu toutes ses promesses, aura sûrement donné quelques idées aux Héraultais pour la prochaine Ligue des champions.

Chambéry pas verni

 Un peu plus tôt, Chambéry avait également perdu sa place sur le podium à la dernière minute. Sans Jackson Richardson, laissé au repos, mais avec leur jeune garde pétrie de talent (Paty, N'Diaye, Clémençon et Cherblanc), les Savoyards menaient d'un but à la pause.
 Malheureusement, ils perdaient ensuite leur capitaine Laurent Busselier, touché au dos. Dumoulin réalisait un festival de parades dans le but chambérien (22 arrêts), entretenant ainsi le suspense.
 A 30 partout, Roiné avait la balle de match entre les mains, mais le tir de l'arrière savoyard était repoussé par la défense danoise. Sur le contre, Petersen s'en allait seul donner la victoire à Gudme. A cinq secondes de la fin...
 Chambéry termine cet EuroTournoi à la 4e place. Surtout, les joueurs de Philippe Gardent ont pu mesurer l'écart qui subsiste encore entre eux et les deux finalistes.
 Dans le match pour la 5e place, le club hongrois de Szeged avait pris le meilleur sur Sävehof (27-25). Sävehof, seule équipe du plateau à ne pas être qualifiée pour la Ligue des champions cette saison, repart donc avec la cuillère en bois.
 Décidément, il n'y avait guère de place pour le hasard dans ce 13e Eurotournoi très relevé.

Matthieu David