© Dernières Nouvelles D'alsace, Jeudi 23 aout  2007

 

L'oeil de Daniel Costantini

« Digne de la Ligue des champions »

Daniel Costantini aime l'Alsace, Strasbourg et l'EuroTournoi. Cette fin de semaine, l'ancien entraîneur de l'équipe de France double championne du monde assistera à son 13e ET. Avec un plaisir non dissimulé.

 « Sincèrement, tant que ce tournoi existera, je viendrai. Quand bien même on ne me porterait plus l'amitié et le respect dont je jouis aujourd'hui, je viendrai. »
 On le constate, Daniel Costantini apprécie particulièrement les séjours alsaciens qu'il a pris, depuis 13 ans, l'habitude de se réserver. « Ce qui est intéressant dans l'évolution du tournoi, c'est qu'il n'y a plus de match facile. Même si cela n'est pas évident pour un béotien, le niveau progresse d'année en année. Depuis que la formule est passée à six équipes, cette manifestation a atteint un niveau digne de la Ligue des champions et plus celui de la deuxième phase que de la première. »
 L'emblématique coach des équipes de France championnes du monde en 1995 et en 2001 avoue ainsi avoir « un peu de mal à désigner un favori » pour cette 14e édition. « Sans doute l'équipe de Ciudad Real a-t-elle la marge pour gagner, mais il lui faudra se dépouiller à chaque match... »
 Daniel Costantini a, bien entendu, assisté au succès des Espagnols l'année dernière. Il est quelque peu resté sur sa faim. « Ils ont gagné, mais dans la souffrance. Et ils m'ont terriblement énervé à l'occasion par leur comportement un peu hautain. J'espère qu'il nous montreront le handball que l'on est en droit d'attendre d'une telle équipe, ancien vainqueur de la Ligue des champions (c'était en 2006). »
 L'autre formation ibérique, Valladolid, peut sembler moins bien armée. « Elle a perdu pas mal de bons joueurs, dont Éric Gull. Mais il faut voir... »

Copenhague, la
bonne surprise ?
 

 Zagreb, autre gros calibre, peut également prétendre à un succès à Strasbourg, dont les joueurs ne devront pas s'éparpiller pour y parvenir.
 « Ils peuvent être bons et supportables ou mauvais et insupportables... Mais ils ont visiblement de grosses ambitions, ayant fait revenir au pays plusieurs des meilleurs Croates. Dommage que Dédé (Golic) n'en soit plus. »
 Mais c'est finalement le deuxième match de la journée qui intrigue le plus Daniel Costantini. Celui opposant Valladolid à Copenhague.
 « Ça bouge pas mal au Danemark depuis quelques temps. On sait la qualité de l'équipe nationale, mais on a tendance à ne pas trop respecter son handball de club. Or les Danois ont visiblement plus de moyens aujourd'hui qu'hier, ce qui leur permet de faire revenir leurs expatriés. Attention à cette équipe, elle peut être la bonne surprise du tournoi. »
 Restent les Français. Montpellier, vainqueur de la toute première édition de l'ET, la seule qu'a manqué Daniel Costantini, et Chambéry, recordman des victoires à Strasbourg (1999, 2001, 2003).
 « Montpellier reste, depuis le début de sa préparation, sur quelques tournois décevants. Ça et les absences d'Abati et de Guigou n'incitent pas vraiment à l'optimisme. Chambéry n'a pas mieux réussi à Moscou, mais, des deux équipes françaises, elle me semble la plus apte à décrocher des résultats immédiats. Les Savoyards ont toujours bien réussi à l'EuroTournoi et la présence de Narcisse est un gage de réussite. »
 Narcisse dont l'avenir devrait s'éclaircir dès demain, date à laquelle la commission d'appel de l'EHF tranchera dans le litige qui l'oppose à Gummersbach. En attendant, le « Handballwoche », bible du hand Outre-Rhin, donne, cette semaine, le Réunionnais partant de Gummersbach. Un signe ?

 

A.V.