© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 25 aout  2007

 

Gros plan sur le Chambérien Laurent Busselier

« Bubu » l'exemplaire

Qui n'a gardé en mémoire l'image du garçon, immobile sur le bord de la touche, enveloppé dans une couverture de survie, entouré des gens de la Croix Rouge ? Un an après, Laurent Busselier, le Chambérien, est de retour à Strasbourg.

« L'EuroTournoi ? Mes meilleurs et mes pires souvenirs. Un niveau de jeu exceptionnel, de grands moments d'amitié, mais aussi la galère, les blessures... »
 Pas évident, pour Laurent Busselier, de mettre de l'ordre dans tout ça. En sept participations à l'ET, avec Montpellier d'abord, avec Chambéry depuis 2000, l'ancien capitaine de Chambéry (c'est, cette saison, Daniel Narcisse qui s'y collera) a à peu près tout vécu.
 « Cela fait deux ans que je ne pars pas intact de Strasbourg. J'en suis un peu frustré. A compter, cette année, les jours passés ici sans pépin... Mais en fin de compte, il ne me reste que de très bons souvenirs. »

L'humain, les rencontres les découvertes
 

 Victime d'une déchirure abdominale il y a deux ans, terrassé par un pincement vertébral (en ramassant une balle lors de l'échauffement !) l'année dernière, le Valentinois compte, dans ces souvenirs là, les deux succès remportés en 2001 et 2003. Et, puisqu'on en est au sportif, Laurent Busselier ne tarit pas d'éloge sur le niveau atteint par le tournoi, « l'occasion de se jauger face à des formations faisant partie du Top 10 mondial ».
 Et puis il y a l'humain, les rencontres, les découvertes. Tout ce qu'il aime, le Bubu en question. « Les belles expériences vécues à Strasbourg ne manquent pas. Ne serait-ce que la dernière quand, dans la douleur, obligé de passer deux jours cloué sur un lit d'hôpital, j'ai été couvé par des gens (Nicolas Moncade entre autres) hors norme. »
 Cette semaine, le Chambérien espère bien arriver au bout du tournoi. Physiquement et sportivement, même s'il sait que remporter un quatrième succès à l'ET relèvera, pour Chambéry, de l'exploit.

« On ne va pas se la jouer à la Guy Roux »
 

 « Nous sommes, comme pratiquement tout le monde, encore en période de rodage. Nous sortons d'une grosse préparation physique et nous sommes tous un peu "cramés". Mais l'Eurotournoi est l'occasion d'envoyer un signal fort à nos adversaires français, de leur montrer qu'il faudra compter avec nous cette saison. »
 C'est que Chambéry, fort des arrivées de Narcisse et de Natek, du retour prochain, aussi, de Richardson (voir ci-contre) nourrit de sérieux objectifs. A court comme à moyen terme.
 « Nous voulons faire du mieux possible cette semaine, mais sans hypothéquer notre début de saison (le Slovène Natek, touché au mollet, a été laissé au repos). C'est le 8 septembre (face à Créteil) qu'il faudra être au mieux. Ce week-end là et ceux qui suivront... »

Dans le dernier carré de la Ligue des champions dans les cinq ans
 

 Six fois deuxième depuis 1998, la formation de Philippe Gardent entend, au plus vite, remporter un second titre de champion de France après celui enlevé, au nez et à la barbe montpelliérains, en 2001. Mais aussi s'inviter, dans les années à venir, à la table des meilleurs.
 « Le club s'est trouvé des moyens, nous avons l'équipe pour et, dans un an, nous disposerons du "Phare", une salle à la hauteur de nos ambitions (5 000 places). Dans les cinq ans, nous visons une place dans le dernier carré de la Ligue des champions ».
 Laurent Busselier, dernier survivant de l'aventure 2001, espère en être. A 31 ans, et même s'il pense à sa reconversion (il a investi dans un complexe restaurant-centre de loisir), le Chambérien n'est usé en rien. Toujours poussé par l'envie, motivé par le plaisir. De ces valeurs qui ont toujours été les moteurs d'un garçon exemplaire à tous les niveaux.

 

A.V.