© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 27 aout  2007

 

Rencontre avec Claude Onesta

« Un tournoi pas comme les autres »

A l'instar de Daniel Costantini, entraîneur de l'équipe de France double championne du monde, Claude Onesta, son successeur, est devenu un inconditionnel de l'EuroTournoi. La présence des Tricolores à Strasbourg, l'an prochain à quelques jours des Jeux de Pékin, est ainsi plus que jamais d'actualité.

Claude Onesta n'a pas oublié. Pas oublié qu'en 1999, les responsables de l'EuroTournoi avaient respecté leur parole, invitant alors une équipe de Toulouse dont l'actuel entraîneur français était alors en charge et pourtant plutôt mal en point.
 Depuis huit ans, le coach tricolore est un convaincu du tournoi strasbourgeois, un des mieux placés aussi pour juger de l'évolution de l'ET.
 « Il y a quelques années, venir en Alsace était d'abord l'occasion d'un grand plaisir, de rencontres et de convivialité. La faute aux responsables de cette manifestation. Aujourd'hui, c'est encore le cas, mais sans doute la professionnalisation de la chose a-t-elle rendu cet aspect moins perceptible. Reste que tous ceux oeuvrant durant ces quatre jours ont prouvé qu'on peut faire très pro tout en gardant ce côté qualitatif. L'EuroTournoi n'est décidément pas un tournoi comme les autres. » Ça fait forcément plaisir...
 Venu à Strasbourg en compagnie d'Alain Quintallet, préparateur des équipes de France, et de Pierre Sébastien, docteur de la Fédération, Claude Onesta a ainsi et une nouvelle fois apprécié la 14e édition de l'ET. Affectivement comme professionnellement. « C'est l'occasion pour nous d'une reprise de contact avec les entraîneurs, les joueurs, les kinés et les toubibs des clubs engagés ». De préparer, donc, des échéances qui ne manquent pas.

« Les battre constituerait un réel plaisir... »

 Parce que, ces prochains mois, l'équipe de France ne chômera pas. Du 22 au 28 octobre, les Français se retrouveront en stage (deux matches face à l'Égypte au programme) en lieu et place d'une World Cup à laquelle ils ne participeront pas « parce qu'elle ne fait pas partie de nos besoins immédiats ».
 Ce sera, ensuite, le championnat d'Europe en Norvège où les Tricolores joueront gros. « On a un titre à défendre (ils se sont imposés, l'année dernière, en Suisse) et une qualification pour les Jeux à jouer (seul le champion, le 2e si l'Allemagne, championne du monde est sacrée, sera qualifié).
 Anecdote, mais d'importance, la France croisera la route de l'Allemagne lors du second tour de cet Euro. Cette Allemagne qui, pour avoir bénéficié d'un arbitrage à sa mesure, avait privé, l'an dernier à Cologne, les Français d'une finale mondiale qu'ils méritaient amplement.
 « J'avoue être très content de croiser leur route comme je sais que pas mal de joueurs en sont satisfaits. Je veux bien respecter une équipe partie de nulle part et qui a réussi un bon tournoi. Mais la façon dont ils sont passés tout comme certaines déclarations de Heiner Brand (le coach allemand) m'ont passablement énervé. Je ne me suis jamais construit dans la revanche, mais les battre constituerait un réel plaisir... »
 Et puis, si d'aventure la France ne conserve pas son titre, il y aura un tournoi préolympique qu'elle organisera, fin mai, à Bercy. Et puis, parce qu'il n'est forcément pas question qu'elle ne soit pas du voyage en Chine, une préparation aux Jeux qui pourrait passer par Strasbourg.
 « On saura, fin janvier et après l'Euro norvégien, à quoi s'en tenir. Mais, si on va aux Jeux, l'EuroTournoi répond à cette nécessité de matches attendant l'équipe de France. On a, en amont, identifié nos besoin et c'est le dernier week-end de juillet (du 25 au 27 donc), quelques jours avant notre départ pour Pékin, que nous aurons besoin d'un tournoi référence. »

« La Fédé, là ou l'ET n'a que des amis »

 A Strasbourg comme en 2000 et 2004 avant les Jeux de Sydney et d'Athènes ? Possible, pas certain. « Il y aura un cahier des charges et, par la suite, un appel d'offre. Nous savons, à la Fédé, là où l'EuroTournoi n'a que des amis, la mobilisation et le savoir faire des gens d'ici. Il faudra juste que les élus de tous bords se montrent à la hauteur. L'approche des Jeux attise toujours les appétits et c'est à Strasbourg de nous envoyer un signal fort sachant que beaucoup, la plupart, dans l'entourage de l'équipe de France, sont favorables à la tenue d'un tel tournoi au Rhenus. »
 La plupart, dont Claude Onesta, à l'avis non négligeable, forcément. Aux Strasbourgeois, aux Bas-Rhinois et aux Alsaciens de jouer...

 

A.V.