© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 25 Juillet 2008

 

La dernière séance

Olivier Girault vit une aventure peu banale. Déjà entraîneur (du Paris HB), mais encore joueur (en équipe de France), le capitaine tricolore veut boucler du mieux possible une histoire avant d'en débuter une autre.

 Il y a le club et il y a l'équipe. Le Paris HB, qu'il a commencé à entraîner en toute fin de saison dernière, et l'équipe de France à laquelle il appartient corps et âme jusqu'après les Jeux olympiques.
 Et là, jusqu'au soir du 24 août, parce qu'il espère bien que la France disputera la finale des J.O., Olivier Girault ne vit la vie qu'en bleu, celui de la formation tricolore.
 « Tout n'a pas été vraiment facile en fin de championnat lorsque, même si je le pouvais, j'avais décidé de ne plus m'entraîner, mais de préparer la saison prochaine, de donner les consignes à ceux (Spincer et Perrin) faisant le joint. Mais à présent, je ne me sens que joueur, investi à 100 %, tout entier tourné vers les Jeux. »

Le plaisir par le travail
 

 Pour l'enfant de Pointe-à-Pitre, 35 ans depuis le 22 février, ce rendez-vous chinois doit être celui de tous les bonheurs, notamment parce qu'il l'envisage avec une envie toute particulière.
 « Ce sont mes 3e Jeux et je les aborde avec énormément de plaisir. Pas forcément plus ou moins que les deux premiers, mais différemment. Parce que je sais que ce sont là mes derniers plaisirs en tant que joueur. Dans la mesure où c'est un ultime challenge, j'y vais avec un soupçon d'envie en plus. »
 Pour qui connaît Olivier Girault, sa hargne, sa volonté, pas difficile d'imaginer ce que cette envie là veut dire. « Je sais la chance que j'ai d'être là, et de bien le savoir change tout. Ça permet de mieux gérer les petits moments de moins bien, de mettre les bouchées doubles, de travailler plus et mieux parce que je sais que le plaisir passe par le travail. »

« Pas du genre rêveur »
 

 Et du plaisir, Olivier Girault a bien l'intention de s'en offrir une bonne tranche ces prochaines semaines. « On a l'équipe pour enfin aller au bout, un groupe arrivé à maturité. A Athènes il y a quatre ans (la France a été sortie par la Russie en quart de finale), nous avions sans doute l'équipe, pas la maturité. Cette année, c'est différent, on a tout ça. On se connaît bien, on sait nos faiblesses, mais on est aussi bien persuadés de nos qualités. »
 En ancien qu'il est (il est entré en équipe de France en 1997 et compte 238 sélections), le capitaine tricolore sait cependant que rien ne sera aisé. Que d'autres peuvent aussi prétendre à la victoire, que le meilleur comme le pire peut survenir.
 « On a les moyens d'arriver à nos fins. Mais je ne suis pas du genre rêveur. C'est bien beau de savoir qu'on dispose de la meilleure équipe, encore faut-il savoir se remettre en cause de façon permanente. Et la seule remise en cause, la seule valable, c'est le travail. »

« Je ne pense
pas encore aux Jeux »
 

 A 17 jours de leur entrée en lice à Pékin (face au Brésil), Olivier Girault et ses camarades abordent ainsi l'EuroTournoi avec la ferme intention de s'y jauger, de se persuader des progrès accomplis et de ceux encore à faire.
 « Notre défaite en Russie (27-22 dimanche dernier) nous a servi, d'autant que nous savions qu'on ne pouvait décemment pas gagner deux fois là-bas... L'EuroTournoi doit, lui aussi, nous apporter. Parce que là, en situation réelle, nos adversaires ne manqueront pas d'appuyer là où ça fait mal, de mettre nos manques en évidence. »
 Il restera alors près de 15 jours aux Tricolores pour tout mettre en place, deux semaines durant lesquelles il ne faudra, pour le Parisien, surtout pas s'enflammer. « Moi, je n'ai pas hâte d'y être. Pour être sincère, je ne pense pas encore aux Jeux, mais surtout au chemin qu'on doit encore parcourir pour y être performants. Prenons le temps, travaillons. Au bout, c'est la compétition qui parlera... » Sous-entendu, on récoltera ce que l'on méritera...

 

A.V.