© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 28 Juillet 2008

 

Une démonstration de force

A moins de deux semaines de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, l'équipe de France a marqué son territoire en matant l'Espagne hier soir en finale de l'EuroTournoi. Toujours bon à prendre.

Puisqu'il n'était pas question de tirer des enseignements définitifs et tranchés samedi soir à l'issue d'un match victorieux mais inachevé face à l'Islande, il ne saurait en être autrement ce matin. Même si la tentation est grande, fatalement, de voir autre chose dans ce net succès face à l'Espagne qu'une victoire de prestige.
 Claude Onesta s'en gardait, évidemment. « C'est un match de préparation à analyser comme tel, tempérait le sélectionneur français. On va déjà essayer de comprendre pourquoi on a fait un début de match excellent et pourquoi on a fait un deuxième quart d'heure indigne de l'équipe de France »

Un 8-2 en neuf minutes
dans les gencives
 

 Pour lui, « les Espagnols n'ont pas puisé dans leurs réserves, n'ont pas pris de risques outre mesure. Tactiquement, si on les joue là-bas, il faudra proposer quelque chose d'autre ».
 Reste que rien n'interdit de savourer. Car hier les Bleus, toujours privés de Dinart et de Narcisse mais avec Bertrand Gille, élu meilleur joueur du tournoi, ont impressionné devant un public chauffé à blanc. En démarrant d'abord ce match sur les chapeaux de roues dans le sillage d'un Thierry Omeyer stratosphérique (22 arrêts, dont 3 penalties au total) en trouvant l'énergie pour rétablir une situation mal embarquée ensuite.
 Auteur d'une petite partie la veille, l'ancien Sélestadien a ainsi écoeuré les tireurs espagnols dans les premières minutes en réalisant six arrêts, dont un penalty en 6'. Résultat, 4-0, 5-1 puis 8-3 pour des Bleus agressifs en défense et intenables en attaque... jusqu'à ce « deuxième quart d'heure indigne » évoqué par Onesta. Subitement, la belle mécanique tricolore s'est en effet enrayée. Iker Romero, Prieto et Juan Garcia, le meilleur buteur du tournoi, ramenaient d'abord les Espagnols sur le porte-bagages des Français (11-11, 18e') avant de les déposer sur place ou presque (11-13, 20e') grâce à un 8-2 infligé en 9'. Et pan, dans les gencives !

« Pas de certitudes, que des
points d'interrogation »
 

 La force de cette équipe de France aura évidemment été de savoir arrêter l'hémorragie. Car même si les Espagnols en ont sans doute gardé sous le pied, ils ne se seraient pas privés de maintenir la tête sous l'eau de leurs vieux rivaux s'ils l'avaient pu. Ils n'ont pas pu.

 

 Ils ont même cédé dans les grandes largeurs face à des Bleus survoltés à l'image de l'inoxydable Joël Abati (meilleur buteur français avec 7 buts). Et laissé filer une avance qui a un instant atteint les quatre buts (17-21 à la 35e') avant de grimper à six (33-27, 59e') et de se stabiliser à cinq au final. On a beau dire, pour la confiance, il y a mieux.
 « On a pu bien travailler en étant dans des conditions difficiles vues les absences de Narcisse et de Dinart, avance Nikola Karabatic. Ce ne sont que des matches de préparation, mais il est important de les gagner. Nous n'avons pas de certitudes, que des points d'interrogation ». Vraiment ?

 

Pascal Coquis

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