© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 16 aout 2010

 

Toujours aussi séduisant


Si Montpellier et Kavticnik venaient à rencontrer Moscou lors de l'ET, ce serait alors la "revanche" du quart de finale de la dernière Ligue des Champions. Plutôt alléchant ! (Photo archives DNA - Cédric Joubert)

Réunir chaque été quelques-unes des meilleures équipes d'Europe n'est pas chose aisée. C'est pourtant le tour de force réussi depuis maintenant 17 ans par les organisateurs de l'EuroTournoi.

Kiel, Magdebourg, Hambourg, Gummersbach, Ciudad Real... l'EuroTournoi a vu passer les meilleures équipes du continent depuis 1994.
 A première vue, cette 17e édition pourrait (le conditionnel est de rigueur) apparaître comme moins "clinquante". Il semble manquer une grande tête d'affiche, le Kiel d'Omeyer, le Ciudad Real d'Abalo ou le Barça de Sorhaindo.

Davantage de concurrence

 Mais à y regarder de plus près, le rendez-vous 2010 ne dépareille pas de ses devanciers. Il y a tout d'abord Montpellier, son meilleur joueur du monde Nikola Karabatic, ses 12 titres de champion de France depuis 1995, sa pléiade de stars et son statut d'équipe qui compte sur le plan européen (quart de finaliste de la Ligue des Champions la saison dernière, en attendant mieux...).
 Il y a aussi Chambéry, le meilleur club français de la décennie derrière Montpellier, dont le recrutement ambitieux devrait lui permettre d'être compétitif aussi bien en championnat que sur le front européen.
 Les "étrangers" ne sont pas en reste. Les Espagnols de Logrono ont fait une irruption fracassante sur la scène européenne en étant demi-finalistes de la dernière Coupe EHF. Celje, champion de Slovénie sans interruption depuis 1992, a remporté la Ligue des Champions il n'y a pas si longtemps (2004, un an après Montpellier).
 Moscou, déjà présent à l'ET en 2009, s'est tout simplement invité au Final Four de la Ligue des Champions. Seul Dunkerque ne disputera pas de Coupe d'Europe la saison prochaine.
 Voilà de quoi garantir, cette année encore, du très haut niveau. Une question se pose : aurait-il été possible de faire mieux ? La réponse tend vers le non.
 Si l'EuroTournoi a été l'un des précurseurs en 1994, les tournois amicaux ont essaimé depuis un peu partout en Europe. « Il faut conjuguer un grand nombre de paramètres, explique Christian Carl, le président de l'ET, les dates de reprise des différents championnats, les compétitions supplémentaires... Cela devient difficile. »

Un niveau trop relevé ?

 Si aucun club allemand ne figure à l'affiche cette année, c'est tout simplement parce que le championnat outre-Rhin reprendra le mercredi 25 août, trois jours après la fin de l'ET. Aucune équipe ne peut prendre le risque de disputer trois matches amicaux en quatre jours, avec tous les risques que cela comporte (fatigue, blessures...). « C'est un raisonnement logique du point de vue d'un entraîneur », glisse un Christian Carl compréhensif.
 Le calendrier n'est pas toujours le seul en cause. Ce n'est pas de la prétention, mais l'EuroTournoi est en quelque sorte victime de son succès. « Pour certaines équipes, trois matches de ce niveau, c'est trop à ce moment de la saison », indique le président de l'ET.
 Certains, comme le Barça ou Ciudad Real, ont renâclé à se confronter à des formations qu'elles devraient retrouver plus tard en Ligue des Champions, préférant disputer des tournois moins relevés avec des équipes évoluant parfois en deuxième division, ce qui est bien évidemment impossible à l'EuroTournoi.

De (bonnes) surprises

 Cette édition offre donc de la « variété », avec des équipes aux styles différents. « Il y a une partie "renaissance" avec Celje (qui n'était plus venu à Strasbourg depuis 1999), une partie "découverte" avec Dunkerque et Logrono (première participation). »
 Des Espagnols de Logrono qui pourraient bien être la révélation de cette édition. « Par le passé, nous avons rarement été déçus par les équipes dites "surprises" », rappelle Christian Carl, faisant allusion à Suzuka (4e en 1999), Altea (2e en 2001) ou encore Gudme (3e en 2006).
 Il y a également trois clubs français à l'affiche, une première depuis 2002. « La question revenait souvent : "pourquoi n'y a-t-il pas plus d'équipes françaises ?" Cela faisait un moment que l'on voulait inviter Dunkerque. Trois clubs français, ce n'est pas une religion mais c'est comme ça cette année. »
 L'EuroTournoi a toujours su s'adapter à l'évolution du handball européen. Et il n'y a aucune raison pour que cela change de sitôt...

Simon Giovannini