© Dernières Nouvelles D'alsace, Jeudi 19 aout 2010

 

 

« Une responsabilité morale »


Patrice Canayer et Montpellier vont participer à leur 12e EuroTournoi. (Photo archives DNA - Laurent Réa)

Premier vainqueur, en 1994, de l'EuroTournoi, Montpellier revient à Strasbourg pour la 12e fois. Pour son entraîneur, Patrice Canayer, la présence du meilleur club français à l'ET relève tout autant de l'intérêt sportif que d'une « responsabilité morale ».

En un sens, l'histoire de l'EuroTournoi et de Montpellier se conjuguent. En août 1994, Patrice Canayer vient de prendre en mains la destinée du club héraultais et remporte la première édition de l'ET. Seize ans plus tard, l'entraîneur nîmois est toujours là, l'EuroTournoi également.

« En terme d'organisation,c'est le tournoi le plus relevé en Europe »

 Et chacun a grandi de son côté, jusqu'à des hauteurs insoupçonnées. L'EuroTournoi a vu passer les meilleures équipes du continent, dont fait partie Montpellier, vainqueur de la Ligue des champions en 2003 et qui règne sans partage sur la scène française (12 titres nationaux depuis 1995).
 « A l'époque (en 1994), c'était un "petit" tournoi mais l'organisation était déjà de qualité, se rappelle Patrice Canayer. C'est aujourd'hui l'un des plus grands tournois européens. » Et les Montpelliérains y reviennent toujours avec le même plaisir.
 « En terme d'organisation, c'est le tournoi le plus relevé en Europe et il reste très coté au niveau international sur le plan sportif. Il y a un réel savoir-faire, une grande convivialité. Nous sommes toujours bien reçus », poursuit l'entraîneur montpelliérain.
 La dimension "affective" reste l'atout numéro 1 (et revendiqué) de l'EuroTournoi. Suffisant aujourd'hui pour lutter face à la multitude des tournois de préparation plus richement dotés en Europe.
 Quand on évoque le fait que certains cadors européens ne sont pas venus à Strasbourg en raison de la densité de la compétition, cela fait sourire Patrice Canayer.

« Ce n'est pas un choix économique »

 Certes, « certaines équipes se cachent un peu ». Mais l'Héraultais n'est pas vraiment du genre à manier la langue de bois : « Très franchement, la raison est essentiellement économique. »
 Si Montpellier a ainsi participé à la Schlecker Cup et enchaînera après l'ET avec le tournoi de Doboj (en Bosnie, avec Ciudad Real), c'est aussi parce que cela constitue « des rentrées d'argent importantes pour le club ».
 Pourquoi alors venir à l'EuroTournoi ? « Ce n'est pas un choix économique », explique Patrice Canayer. C'est "naturellement" que le club héraultais apporte son concours à l'ET. « Les organisateurs font beaucoup pour le handball français. C'est le seul tournoi de ce niveau en France et c'est important d'avoir une compétition de cette envergure dans l'Hexagone. »

Sans Montpellier, l'ET perdrait de sa saveur

 Et à vrai dire, sans Montpellier, l'ET perdrait de sa saveur. « Si les meilleurs clubs français ne font pas l'effort de venir, ce n'est pas très cohérent, estime Patrice Canayer. En tant que club leader en France et par respect pour le travail des organisateurs, on s'est donné une obligation morale d'y participer régulièrement. »
 Une aubaine pour le public strasbourgeois, qui se régalera des arabesques des Karabatic ou autre Guigou. Et ce même si Montpellier se rend en Alsace dans le seul but de peaufiner sa préparation. « On ne prépare pas l'EuroTournoi comme une compétition officielle », souffle Patrice Canayer.
 La "malédiction" montpelliéraine à l'ET - une victoire, six fois 2e - intéresse ainsi davantage le public. « On a toujours joué l'EuroTournoi avec beaucoup d'application, mais on en profite aussi pour faire des essais et souvent nos adversaires étaient en avance dans leur préparation, cela compte. » Ce qui n'avait pas empêché les finales face à Kiel (2002), Ciudad Real (2006 et 2007) et Hambourg (2009) de donner lieu à de formidables confrontations.
 A l'orée d'une saison où Montpellier devra « conserver son leadership national » et retrouver les sommets européens, Patrice Canayer ne préfère pas se « polariser » sur les objectifs.

« Gagner chaque match »

 « S'en fixer a un sens relatif aujourd'hui. Une équipe comme Montpellier doit partir dans l'idée de vouloir gagner chaque match et conquérir le maximum de trophées. »
 Par le passé, les plus grands succès montpelliérains ont notamment puisé leur source à l'EuroTournoi, en préparation, là où se forge la cohésion d'une équipe. Ne dit-on pas que l'histoire est un éternel recommencement ?

Simon Giovannini