© Dernières Nouvelles D'alsace, Vendredi 20 aout 2010

 

Ascension conjointe

     Triple vainqueur de l'EuroTournoi avec Chambéry, l'entraîneur Philippe Gardent assimile l'ascension du tournoi strasbourgeois à la formation savoyarde.

Avec onze participations, et à chaque fois Philippe Gardent à sa tête, Chambéry fait aujourd'hui partie des meubles de l'EuroTournoi. Et cette étiquette d'« ancien », le coach chambérien l'accepte volontiers.
 

« On fait partie du haut du plateau maintenant »

      « Je le veux, oui ! On l'a remporté trois fois et on n'est pas passé très loin à plusieurs reprises. On fait partie du haut du plateau maintenant. »
 Depuis 1996, quand il découvre l'EuroTournoi sur le banc en qualité d'entraîneur de Chambéry, Philippe Gardent nourrit une histoire particulière avec la compétition strasbourgeoise. « Le tournoi a un peu évolué, en même temps que nous », confirme le Savoyard.
 Le niveau des premiers EuroTournois est moins pointu qu'aujourd'hui, le tournoi prend petit à petit du galon, et voit finalement passer au fil des éditions les plus grosses cylindrées européennes. Un peu à la manière de Chambéry.
 Car quand Philippe Gardent en prend les commandes, le club prometteur effectue ses premiers pas dans l'élite nationale. Le temps de se faire les dents et deux saisons plus tard, la formation savoyarde s'élève vers une place de vice-champion de France à laquelle elle est abonnée depuis (9 en 13 ans).
 

« On n'est pas un lapin de trois semaines »

      Les portes de la Coupe d'Europe s'ouvrent. Puis le titre historique en 2001 envoie le club droit en Ligue des champions. Celje, le RK Zagred... Chambéry se familiarise avec la scène européenne. Il sera particulièrement gâté cette année.
 « Il y avait une poule à éviter, tout le monde parle de la "poule de la mort", et Chambéry tombe encore dessus, comme par hasard. »
 Les Savoyards devront en effet battre ce qui se fait de mieux en Europe pour se qualifier, entre les deux finalistes de la précédente édition, Kiel et Barcelone, mais aussi Kielce et Celje, présent en Alsace. Alors forcément, être un habitué de l'ET peut aider dans la préparation.
 « On va regarder ça de très près. Et eux aussi, donc ça va être marrant. On me demande souvent si on peut jouer sur tous les tableaux, mais jusqu'à maintenant ça nous a pas mal réussi. Et puis, ce n'est pas nouveau pour nous, on n'est pas non plus un lapin de trois semaines ! »
 Les nouveaux arrières gauche, Damir Bicanic (Leon) et Guillaume Saurina (Nîmes) seront des précieux renforts pour étoffer un groupe qui n'avait pas pu rivaliser en Ligue des champions l'an dernier. Le premier, international croate, a inscrit quelque 46 buts la saison dernière dans la compétition, quand le second, Guillaume Saurina, devenait meilleur buteur du championnat de France.
 

« La horde sauvage mieux armée »

      « On est à la recherche de travail actuellement. Nous ne sommes pas vraiment rodés, notre gardien (le Bosniaque Grahovac, qui remplace Mickaël Robin, ndlr) est arrivé très tard à cause d'un problème de visa. Donc ça se met tout doucement en route. »
 L'EuroTournoi constitue donc bien sûr un tournoi de préparation, à seulement deux semaines du début d'un championnat où « la horde sauvage derrière (Chambéry) est de mieux en mieux armée ».
 Mais c'est aussi l'occasion pour Philippe Gardent d'évaluer ses propres limites : « J'ai déjà vu des équipes se donner à fond, c'est un vrai test. Ça donne beaucoup d'indices par rapport à la valeur de notre équipe, on va essayer de bien y figurer, et ça permet de prendre la température des autres équipes. »

Thomas Bourgois