© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 23 aout 2010

 

Chambéry perd sa première finale (35-30)

Montpellier seize ans après

     Montpellier - Chambéry, première ! Avant les sommets prévus cette saison entre les deux meilleures équipes françaises du moment, Héraultais et Savoyards se sont affrontés, hier, en finale du 17e EuroTournoi dans un Rhenus Sport copieusement garni. Première levée pour les champions de France.

Tout ça peut paraître étonnant, mais il aura fallu attendre 16 ans pour que Montpellier, pourtant un fidèle de l'EuroTournoi (12 participations), signe un deuxième succès à Strasbourg.
 Vainqueur en 1994 à l'occasion d'un premier ET qui allait en annoncer de si beaux autres, la formation douze fois championne de France a pourtant disputé six autres finales depuis, la dernière il y a tout juste un an face au Hambourg des frangins Gille (30-26).
 Il aura donc fallu attendre seize ans pour que Montpellier remette ça. Et, pour la première fois à Strasbourg, Chambéry (vainqueur en 1999, 2001 et 2003) a disputé une finale sans la gagner...
 

Karabatic et Kavticnik régalent, Stochl baisse le rideau

      Pas sûr que Patrice Canayer et Philippe Gardent désiraient vraiment ce match, l'entraîneur chambérien avouant « préférer jouer des équipes étrangères que de prochains adversaires en championnat en période de préparation. »
 Pas sûr, mais ce n'est pas pour autant que les deux finalistes (première franco-française depuis 1995, troisième de l'histoire du tournoi) attaquèrent ce match les deux pieds sur le frein. Au contraire...
 Montpellier mit ainsi d'entrée de jeu la pression sur une équipe chambérienne au sein de laquelle seul le talentueux Basic (deux buts, un penalty provoqué et une passe décisive pour commencer) parvenait à rivaliser.
 En face, Nikola Karabatic, au four et au moulin (comprenez en attaque comme en défense) et Kavticnik (8 des 11 premiers buts de leur formation) se régalaient et régalaient un Rhenus Sport chaud bouillant. Et comme l'atypique, mais remarquable, Stochl avait baissé le rideau (9 arrêts dont un penalty à la 20e), les Héraultais avaient pris le large (5-2 à la 8e, 7-4, 9-5 et 13-6 à la 23e).
 

Robin et Zens devant leur public

      Chambéry refit bien surface en fin de mi-temps (16-7 à 16-10 grâce à un Paty épatant hier), mais le mal était fait : 18-11 à la pause.
 Et la physionomie de cette finale ne changea pas en seconde période. Emmené par un Mladen Bojinovic de feu (6/7 durant les 30 dernières minutes), Montpellier, qui lança ses deux Alsaciens, Mickaël Robin et Nicolas Zens, continua à maîtriser la situation. Malgré Paty, on l'a dit (10 buts en 33 minutes), malgré un ultime sursaut en toute fin de match de Chambéry, initié par Basic.
 Montpellier gérait comme il le fallait, comptant jusqu'à neuf buts d'avance (21-12 à la 34e), huit encore à la 52e (30-22), jamais moins de quatre (33-29 et 34-30 en toute fin de rencontre.
 « On avait joué beaucoup de finales à Strasbourg en faisant de bons matches, mais sans les gagner, confiait après coup Patrice Canayer, l'entraîneur héraultais. La victoire est finalement anecdotique, je retiens surtout notre maîtrise et une prestation plus cohérente et plus complète que lors des deux premiers matches. Dans les moments importants, l'équipe est présente et c'est positif. »
 De son côté, Philippe Gardent, le coach savoyard, regrettait la prestation de ses joueurs. « Quand on joue une finale, c'est toujours pour la gagner. On est forcément un peu déçu, mais c'est pratiquement un non-match que ma formation a proposé. Le problème est que cela arrive face à Montpellier, ce qui m'interroge : mes joueurs font-ils un complexe ? C'est notre deuxième défaite en ce début de saison, mais, dans l'ensemble, je suis plutôt satisfait de notre préparation. »
 

Moscou remet ça

      Montpellier tout en haut, Chambéry à sa gauche. Et c'est Moscou, déjà 3e l'an dernier, qui s'est offert la dernière place sur le podium. Au terme d'un autre match fleurant bon la Ligue des champions, les Russes firent la différence en fin de rencontre.
 Jusque-là, les uns et les autres s'étaient rendu coups pour coups, Celje faisant dans un premier temps la course en tête avant que Chernovanov, impressionnant aux six mètres en ce début de match, ne permette aux siens de passer devant (5-7).
 Les Slovènes recollèrent à 7-7 puis 15-15, tout restant à faire à la pause (18-18).
 Tout comme une bonne trentaine de minutes plus tôt, l'omniprésent Gajic (12 buts, meilleur buteur du tournoi) et ses petits camarades entamèrent la seconde période sur les chapeaux de roues.
 Mais alors qu'on pensait qu'ils avaient les choses bien en main, ils accumulèrent les pertes de balles, Moscou signant un 4-0 sur autant d'offrandes slovènes (26-28, mais 30-32 à la 50e). Le début de la fin pour le vainqueur de l'ET 1996, incapable de prendre de vitesse la solide défense russe ou butant sur un Grams impeccable (33-37, 36-38 au bout du compte).
 

Dunkerque sauve l'honneur

      En tout début d'après-midi, Dunkerque et Logrono en ont décousu pour éviter la cuiller de bois. Mieux en place qu'en début de tournoi, notamment en attaque, les Nordistes mirent un peu plus de 20 minutes pour prendre la mesure d'Espagnols emmenés par un Juarez efficace (10-10 à la 23e).
 Devant à la pause, Baptiste Butto et ses petits camarades ne laissèrent plus à leurs adversaires le loisir de repasser en tête, creusant l'écart dans le dernier quart d'heure (20-19 à la 45e, 24-19 à la 51e, 27-22 pour finir).
 L'USDK a ainsi sauvé l'honneur, n'ayant pas à rougir de sa première participation à l'EuroTournoi. Un ET, 17e du nom, digne héritier de tous ceux ayant fait de la manifestation strasbourgeoise ce qu'elle est devenue. C'est encore loin l'année prochaine...

A.V.