© Dernières Nouvelles D'alsace, Lundi 23 aout 2010

 

Gros plan sur Xavier Barachet, l'arrière droit de Chambéry

L'avenir à droite ?

     Il fait partie de la grande colonie des espoirs du handball français. Mais Xavier Barachet concentre sans doute les plus fortes attentes, étant donné que le Chambérien évolue au poste d'arrière droit et que l'équipe de France manque de (bons) gauchers.

Debureau, Stoecklin, Cazal... Par le passé, l'équipe de France a pu compter sur de grands arrières droit. Aujourd'hui, elle se cherche un avenir à ce poste, "en souffrance" depuis l'arrêt du dernier cité.
 

« Je ressens les attentes. Ce serait mentir que de dire le contraire »

      Même s'il est déjà champion du monde (2009) et d'Europe (2010), Xavier Barachet ne représente pas encore tout à fait le présent. Le jeune joueur de Chambéry (pas encore 22 ans) cristallise toutes les attentes du handball français, impatient de le voir prendre la relève.
 Une situation difficile à vivre ? « Je ressens les attentes. Ce serait mentir que de dire le contraire, expose en toute décontraction le numéro 4 chambérien. Je sais qu'il y a peu de gauchers. Depuis tout petit et mes premières sélections chez les jeunes, on me dit que c'est peut-être moi le prochain arrière droit. »
 Une pression qu'il appréhende avec détachement. « Cela ne me hante pas l'esprit. Je travaille pour progresser le plus possible. » Est-il arrivé trop haut trop vite, lui qui avait été appelé en équipe de France après une poignée de matches en D1 ? « Je ne le pense pas. J'ai beaucoup appris à chaque fois. »
 Mais l'idée que Xavier Barachet stagne depuis ses débuts sous le maillot bleu se fait parfois entendre. Une appréciation réfutée par l'intéressé. « Je sens la progression depuis le Mondial en Croatie. Les gens parlent... De mon côté, je ne me fais pas de souci. »
 Sans doute faut-il encore lui laisser le temps de devenir "un produit fini". « Je suis arrivé en équipe de France à tout juste 20 ans. Peu de temps avant, je jouais encore avec le centre de formation. »
 Car les qualités pour le haut niveau, Xavier Barachet les possède indéniablement. Il défend bien, ce qui est rare chez les gauchers - « j'ai toujours aimé ça et la défense a toujours été un de mes points forts ». Le Chambérien est performant en un contre un, dans le jeu avec le pivot...
 

« J'ai les capacités pour tirer de loin »

      Mais le reproche (de taille) que l'on peut lui faire réside dans le fait qu'il ne soit pas (encore ?) une menace au-delà des 9 m. « Depuis tout jeune, j'ai toujours joué sans trop tirer de loin. Mais j'ai envie de devenir un joueur complet. » La métamorphose est encore timide mais Xavier Barachet assure être sur le bon chemin.
 « Ce n'était pas quelque chose de naturel, cela le devient à force de travail. Je sais que j'ai les capacités pour tirer de loin. » C'est en passant ce cap qu'il pourra prétendre à un vrai rôle en équipe de France.
 Cette saison, Xavier Barachet aura de nombreuses occasions de le prouver, notamment en Ligue des champions où Chambéry se frottera aux meilleurs (Kiel, Barcelone, Celje, Kielce, Rhein-Neckar Löwen ou Leon en phase de poules !).
 « On était sous le choc après le tirage au sort, sourit le Chambérien. Mais on cherche à se qualifier pour jouer de tels matches. Nous avons hâte et nous avons montré par le passé que nous étions capables de faire des résultats face à de grosses équipes. »
 

Déterminé et ambitieux

      Avant, normalement, de s'envoler la saison prochaine à Ciudad Real (le club de Dinart, Fernandez et Abalo vient de recruter l'un des meilleurs arrières droit du monde, le Macédonien Lazarov), Xavier Barachet souhaite remporter un titre avec Chambéry.
 « C'est un de mes plus grands souhaits. Je sais que je vais progresser à Ciudad Real, mais Chambéry est mon club formateur, mon club de cœur... », souffle l'arrière droit.
 Il sera ensuite temps pour le Niçois de se concentrer sur un autre objectif. « Comme n'importe quel joueur, j'ai envie d'être sur le terrain, que ce soit en club ou en équipe de France. Je veux être le prochain arrière droit français. Pas pour les gens qui l'attendent. Pour moi. »

Simon Giovannini