Andrej aux mains d'argent
 

 

 

Pilier de l'équipe de France, Andrej Golic sera une des stars du handball mondial présentes à Strasbourg.(Photo AFP)

 

L'EuroTournoi débute demain à Reichstett et Strasbourg-Robertsau. Parmi la kyrielle de stars conviées à cette fête du handball, Andrej Golic est une attraction à lui seul. Tout ce que touche le Montpelliérain se transforme immanquablement en or. Portrait.

 Andrej Golic est un surdoué. Voilà dix ans que ce génie de la petite balle ronde écume les parquets de l'Hexagone. Arrivé de sa Bosnie-Herzégovine natale dans le sillage de son père Boro, alors entraîneur à Bordeaux, le petit Andrej a connu un parcours rectiligne. Le gamin n'a alors que 17 ans, mais emmène déjà dans ses bagages un trophée européen glané avec Banja Luka.

De toutes les campagnes

 Après un bref passage à Nîmes, le fils Golic se pose à Montpellier. Son air malicieux, sa désinvolture, son audace, sa vélocité et son insolente classe ne peuvent plus être dissociés de l'exceptionnelle réussite du club héraultais. Andrej est de toutes les campagnes. Et l'armoire à trophées devient soudain exiguë. Quatre titres de champion national et trois coupes de France sont glanés entre 1995 et 2001.  Naturalisé français en 1998, Andrej fait rapidement le bonheur de Costantini. A l'aile gauche ou en demi-centre, Golic gagne ses galons de titulaire. Ne manque plus qu'un sacre. C'est chose faite depuis cet hiver, où lui et ses potes montent sur le toit du monde en disposant de l'arrogante Suède dans le chaudron de Bercy.

« Rien de plus intense »

 « Le plus beau succès, c'est indiscutablement cette couronne mondiale. Ceux qui ont participé à l'aventure s'en souviendront toute leur vie. Je crois qu'il n'y a rien de plus intense. Peut être l'or olympique, mais je demande à voir. » Nanti de ce nouveau succès, Golic revient aux affaires courantes. Le championnat de France sourit cette fois à Chambéry. Andrej acquiesce mais rumine sa déception.  « Nous avons manqué la saison idéale. L'équipe n'était pas parfaitement équilibrée. Il ne s'agit pas de démotivation, sinon nous n'aurions pas gagné la Coupe de France dans la foulée. Non, nous manquions de certitudes. » On l'aura compris, Golic n'est pas le genre d'homme à se reposer sur ses lauriers. Son appétence va au succès. De nouveaux défis sourdent déjà dans son esprit.

Objectif Europe

 « On va essayer de récupérer notre bien en championnat. Ça s'annonce difficile. Chambéry, Créteil ou le PSG ont du répondant. La coupe d'Europe me tient aussi à coeur. Une place en demi devrait être dans nos cordes. Mais mon ambition importe peu. Il faut que tout le groupe soit sur la même longueur d'onde. » Alors Montpellier travaille. Depuis trois semaines, Patrice Canayer tisse les liens entre « grognards » et jeunes, entre anciens et nouveaux arrivants.

Orphelin de Fred

 « Je crois que je n'ai jamais effectué une préparation aussi dure », s'amuse Golic. Une impression peut-être accentuée après la retraite de son double, Fred Anquetil, l'âme de l'équipe. « C'est plus qu'un coéquipier que je perds, c'est un ami. Neuf ans qu'on partage la même chambre ! Comme il est irremplaçable, il va falloir trouver un autre moyen pour se motiver dans les moments délicats. »  A partir de demain à Strasbourg, Andrej Golic encadrera la jeune garde montpelliéraine. Les Scaccianoce, Karabatic et autres Pages, tout juste sortis du moule, ont un exemple parfait à suivre. A 27 ans, Andrej Golic surfe sur la vague du succès. Et il n'est pas prêt de s'arrêter.

Sébastien Keller
 

 
© Dernières Nouvelles d'Alsace, Mardi 21 Août 2001