Le retour des «exilés »

Thierry Omeyer, qui évolue désormais à Montpellier aux côtés de Bruno Martini, et Marc Wiltberger, qui a rejoint les rangs de Chambéry, seront de retour dans leur région d'origine pour l'EuroTournoi.  Photos Dominique Gutekunst

 

THIERRY OMEYER et Marc Wiltberger, qui participent à partir de ce soir à la huitième édition de l'EuroTournoi (voir ci-contre), ne portent plus les couleurs du SC Sélestat, mais celles respectivement de Montpellier et de Chambéry. Les deux Alsaciens retrouveront leurs supporters à l'occasion des quatre jours de l'EuroTournoi concocté par l'ASL Robertsau. Thierry Omeyer est sans doute celui qui attache le plus d'importance au rendez-vous alsacien puisqu'il y a fourbi ses premières armes : « C'est à l'EuroTournoi que j'ai effectué mes grands débuts avec le SCS, en 1994, face à de grosses armadas. À partir de ce moment-là, j'ai été présent pratiquement toutes les années avec le SCS, qui a d'ailleurs souvent réussi de bonnes perfs, se souvient le jeune homme. Et puis, l'EuroTournoi est une compétition sympa, beaucoup plus relevée qu'à ses débuts, avec des équipes de niveau européen. » Le gardien de but aborde cette épreuve avec des ambitions plus élevées que par le passé. « Je pense que nous avons les moyens de gagner ou en tout cas d'aller loin, même si nous venons avant tout pour travailler et poursuivre notre entraînement. Nous sortons d'une grosse préparation d'une quinzaine de jours et nous sommes plutôt fatigués. Et puis nous devons retrouver un certain nombre d'automatismes. Mais nous allons aborder tous les matches pour les gagner et, pourquoi pas, atteindre la finale et la gagner aussi ! » Le Cernéen d'origine, qui verrait bien, outre Montpellier, Magdebourg, Metkovic ou encore Chambéry au premier plan, profitera de l'occasion pour revoir sa famille et ses amis, lui qui n'a plus la possibilité de revenir régulièrement en Alsace : « Rejouer devant tous les gens que je connais me fait évidemment plaisir et constitue une source de motivation supplémentaire. Et puis samedi soir, après les matches, je pourrais vraiment profiter de mes proches. »

« Jouer tout seul »

Marc Wiltberger aborde l'EuroTournoi dans des dispositions d'esprit similaires, même s'il n'a quitté la région qu'il n'y a trois semaines, le 3 août. « Je suis content de revenir en Alsace pour voir ce qui a changé, s'amuse le joueur, avant de poursuivre, plus sérieusement. Je suis surtout content de revenir avec Chambéry, ce qui prouve que je suis encore capable de jouer au haut niveau (il a 32 ans), avec l'une des meilleures équipes françaises et un challenge intéressant à relever. » Lui aussi sort d'une intense préparation physique, mais n'en revoit pas ses ambitions à la baisse pour autant. « Nous sommes sur les genoux, mais nous allons comme d'habitude essayer de faire le maximum pour aller le plus loin possible. Et si nous pouvions gagner, ce serait super, parce que j'aurais le droit de rester avec ma famille, notamment l'une de mes soeurs qui rentre des États-Unis, le samedi soir ! Boule ? Philippe Gardent ? me l'a promis à condition que je motive les troupes pour la victoire finale ! » L'arrière se réjouit également d'évoluer à nouveau devant ses supporters, même s'il reconnaît y attacher moins d'importance que par le passé : « A mon âge, on passe un peu au-dessus de ce genre de choses. On sait qu'il ne faut pas être au top seulement devant ses supporters mais tout au long de la saison. » Et puis, Marc Wiltberger attend avec une certaine impatience la rencontre qui va opposer Chambéry à Sélestat, demain à Schiltigheim, puisque les deux équipes sont dans la même poule avec Metkovic et Dunaferr. « Pour ce match, nous n'avons pas droit à la défaite ! J'ai déjà dit en rigolant à Boule qu'il pouvait donner quartier libre à tout le reste de l'équipe parce que j'allais jouer tout seul ! Non, ce serait vraiment bête de dire que ce match est mon match. En fait, je n'aborde pas cette rencontre avec un esprit revanchard : je joue dans un club a priori plus fort que Sélestat et dans ces conditions, je n'ai pas envie de perdre. D'autant que je veux relancer ma carrière ! »

Sandrine Pays