S’EN SORTIR SANS (TROP) SORTIR

A 28 ans, Olivier Girault est un homme neuf. Finies les années folles où l’ailier gauche parisien se pointait en sélection nationale avec des chaussures de skate, en arborant les coupes de cheveux les plus invraisemblables (dreadlocks décolorées par exemple). Révolu le temps des interminables soirées dans les bars ou boîtes de Livry, Massy ou Irun (Espagne), ses anciens clubs. Aujourd’hui, le crâne rasé à " la Monsieur Propre ", comme il se plaît à le souligner, " zozo " s’est rangé. Il est de son propre aveu " beaucoup plus sérieux que par le passé ". Un changement d’état d’esprit qui lui a été imposé par une pneumonie, ramenée de Tchécoslovaquie, lors des qualifications pour l’Euro 1998.

SURVIVOR

" C’était assez grave, j’ai perdu dix kilos en quinze jours et j’aurais peut-être pu y passer. ", explique-t-il. " C’était pendant les fêtes de Noël, je n’ai pas eu peur, je ne comprenais pas du tout ce qui se passait ". Lors de son séjour à l’hôpital, on lui annonce que sa saison est foutue, mais 1 mois _ plus tard, Olivier fait à nouveau trembler les filets adverses. " Si j’avais été fataliste, j’aurais été envahi par la maladie, mais ma volonté de reprendre le hand était si forte que je m’en suis sorti plus vite que prévu. Ma famille m’a beaucoup aidé aussi " se souvient-il.

L’ART DE (di)GERER LA PRESSION

Mais dans toute expérience malheureuse, il y a des leçons a tirer, et ça Olivier l’a bien compris. De joueur prometteur qui ne pensait qu’à marquer des buts, à réaliser de beaux gestes, la " panthère noire " s’est aperçue que " faire beau et ne pas gagner c’était emm…ant. " Sur le terrain comme dans la vie, Olivier a donc cessé d’être obnubilé par sa propre personne et s’est mis à penser beaucoup plus aux autres, à sa fille petite fille (2 ans) notamment . Résultat : un titre de champion du monde avec l’équipe de France, un nouveau joueur plus besogneux et altruiste, tout simplement content d’être là où il est aujourd’hui, pour le plus grand bonheur des tricolores et du PSG. En y repensant, il constate que la maladie l’a empêché de rester fou-fou et de basculer dans le milieu de la nuit. Aujourd’hui, c’est plutôt la pression des terrains qu’il affectionne, même s’il reconnaît volontiers que, " la pression d’un bar fait quand même bien descendre celle d’un match… "

Aurélien Gasser