La cage aux fous

Gardien de but est un poste bien à part dans le hand. Les joueurs qui l'occupent ont souvent la réputation de râleurs et il demande parfois un brin de folie. Nous avons demandé à trois de nos plus illustres gardiens, Christian Gaudin (Magdebourg), Thierry Omeyer (Montpellier) et Benoît Varloteaux (Chambéry) ce qu'ils en pensent. 'Si Kiki Gaudin a d'entrée voulu jouer au but, ses deux collègues y sont arrivés pour palier un manque dans l'effectif de leur équipe. A 12 ans pour Thierry, à 18 ans 1/2 pour Benoît. L'expérience aidant, ils ont les mêmes sentiments sur leur poste. 'Nos trois compères insistent ainsi sur la différence entre un joueur de champ et le gardien. "C'est un sport individuel dans un sport collectif" souligne Benoît avant d'ajouter "La préparation, la gestion des matches, la concentration, tout est différent des autres joueurs." Pour le Magdebourgeois, "Un gardien doit avoir des dispositions pour un sport individuel. 'Tous les trois se reconnaissent cependant dans le rapport de force existant entre le tireur et le gardien. Selon le Chambérien "C'est plus valorisant d'arrêter un tir que de marquer. Le gardien en effectuant un ou deux arrêts à des moments-clés du match, peut faire basculer le match et réveiller le public" Mais c'est une arme à double tranchant "Tu es seul dans ta zone et si tu n'en touches pas une, ça se voit facilement..." ajoute-t-il. 'Un gardien a-t-il peur lorsqu'il voit la balle lui frôler le visage ou d'autres parties sensibles du corps? "Non, car si tu as peur, tu peux arrêter de jouer" selon Kiki et Ben alors que d'après l'ancien Sélestadien, cela tient plus de la routine: "Tu as peut-être peur à tes débuts mais avec l'habitude tu oublies." Christian pense même qu'un joueur court plus de risques comme prendre des coups ou être poussé en pleine extension par exemple. 'Les bleus restent le seul problème. Les contacts du ballon sur le corps, les cuisses notamment, peuvent être douloureux et laisser des traces. Ces bleus s'estompent au fur et à mesure de la montée en puissance, de la préparation. Benoît l'admet "Au début de saison, j'ai le corps tout bleu, le temps que le corps s'habitue aux contacts." 'Quid de cette réputation de râleur? Pour Gaudin, elle n'est pas entièrement justifiée mais Omeyer avoue "Nous n'aimons pas prendre des buts. Alors on râle, on engueule tout et tout le monde. C'est notre exutoire à nous, une soupape de sécurité." D'ailleurs, Bertrand Gille a récemment fait remarquer à Varloteaux que ce dernier "s'engueulait" même lorsqu'il effectue des arrêts...

Eric SEYLLER