LE PETIT KARABATIC ILLUSTRE

La famille Karabatic, représenté à l’EuroTournoi par Nikola (jeune joueur prometteur de Montpellier) encouragé par son père Branko (fameux gardien et entraîneur de La Robertsau dans les années 80), est une source inépuisable. Dans ses eaux toujours calme baigne l’idée que l’on peut être heureux simplement, si l’on préserve certaines valeurs…Rencontre avec Nikola, l’héritier, et Branko le mentor.

A COMME ALSACE : Branko est une star en Alsace. C’est bien simple, à peine avait-il fouler le parquet de La Robertsau pour la première fois (en 1984) que le but devenait sa propriété et le banc son domaine réservé. " Robert Grossmann et Hubert Barth sont à l’origine de mon arrivée à La Robertsau. Après, tout est allé très vite ; le groupe a progressé, j’ai remplacé l’entraîneur… " La suite est connue de tous les fans de Handball. Sous la houlette de Branko, La Robertsau passe de la Nationale 3 à la N1B, disputant même le barrage d’accession pour la N1A et remportant le titre de Champion de France en N2.

B COMME BUTS : Ceux gardés par Branko furent longtemps parmi les plus inviolés de France. Son fils, Nikola, aurait peut-être fait trembler ses filets. Avant-hier, contre le PSG, le jeune espoir de Montpellier (17 ans) a joué 25 minutes, claqué 6 buts monstrueux et donné deux passes décisives ! " J’étais bien et j’ai vraiment pris confiance après mes deux premiers buts. " Branko salut sa réussite mais aussi l’intelligence de son entraîneur, Patrice Canayer : " Il a su le mettre dans de bonnes dispositions. D’un point de vue sportif, je n’interviens pas trop auprès de Nikola car je ne veux pas empiéter sur le travail de l’entraîneur. "

F COMME FAMILLE : " C’est notre force, assène Branko. On n’a pas de famille en France, on est donc obligé de se replier un peu sur nous-mêmes et de jouer plusieurs rôles les uns pour les autres. " Pour Nikola aussi, la famille est " sacrée ". Autour de Branko et sa femme Lala " qui a un rôle très important ; on se complète à merveille ", Nikola et son frère Luka (espoir du tennis qui, à 13 ans, va intégrer le Pôle France à Boulogne) prennent leurs repères pour mieux s’orienter. Et puis, il y a les amis, ceux qui font partie de cette famille. "Gérard Graf (ex gardien de La Robertsau) et Vincent Narducci (ex président de l’ET) sont comme mes frères adoptifs… ", raconte Branko un brin ému.

O COMME OBJECTIFS : Nikola est déjà capitaine de l’équipe de France jeune (entraîné par Pierre Alba et Philippe Schlatter) et est aux portes de l’équipe une de Montpellier : " Je suis à la disposition de l’entraîneur. Je m’entraîne régulièrement avec eux et je participe aux matches de préparation. " Nikola a déjà disputé 20 minutes contre Nîmes, en demi-finale de la Coupe de France 2001 ; " je n’avais pas osé tirer, je ne faisais que des passes ". Il y a deux jours, à la Robertsau et face au PSG, Nikola a marqué les esprits des spectateurs en faisant de ses 25 minutes de jeu un vrai show ! " Evidemment, mon objectif est d’intégrer l’équipe une de Montpellier. A plus long terme, j’espère jouer en équipe de France A… " projette Nikola avant que son père ne précise : " Sans oublier quoi ? "… " Les études ! " Bonne réponse de Nikola (qui entre en Terminale S).

R COMME RÊVE : Nikola a toutes les raisons d’espérer une belle carrière, comme celle de l’une de ses idoles Andrej Golic. " Quand je pense que je l’admirais devant ma télé et maintenant, je lui fais des passes… "

EN TROIS MOTS : Pour Branko, Nikola est talentueux, disponible et travailleur. Pour Nikola, Branko est son mentor. Tout simplement.

Romain Sublon