Sayad change de vie



L'Alsacien ne regrette pas d'avoir quitté Sélestat pour Chambéry, où il veut prendre de l'envergure. Il participera à l'EuroTournoi, qui démarre demain, avec sa nouvelle équipe.

Seufyann Sayad a souvent pris part à l'EuroTournoi avec, comme ici, le maillot de Sélestat : cette semaine, il y participera pour la première fois avec le maillot de Chambéry.photo Dominique Gutekunst

SEUFYANN SAYAD va bien, merci ! Le demi-centre, qui a quitté le SC Sélestat pour le SO Chambéry à l'intersaison, profite pleinement du changement. Pas question, pour l'Alsacien, de regretter sa décision. Ou de regarder vers le passé. Au contraire. Il prépare son avenir. Et son avenir passe par la Savoie, où il a trouvé un club, un entraîneur et de nouveaux coéquipiers qui pour l'instant lui conviennent parfaitement. D'autant qu'il n'est pas le seul nouveau venu, l'Allemand Michel Volker, le Croate Vlado Sola, l'Espagnol Eduard Fernandez Roura, Nicolas Morreti et Christophe Rouvier étant dans la même situation que lui, ce qui arrange bien des choses. « Notre intégration n'en est que plus facile, souligne l'ex-Sélestadien. L'ambiance est vraiment bonne et j'espère qu'elle va le rester jusqu'au bout. Depuis la reprise de l'entraînement, nous avons déjà tellement galéré, parce que nous n'avons pas eu un seul temps mort, que nous sommes tous solidaires les uns des autres et très soudés. » Et puis il connaît déjà bien Marc Wiltberger, son ancien partenaire au SCS : « Il m'a beaucoup appris lorsqu'il était à Sélestat. Nous nous entendons bien et cela me fait plaisir de le retrouver. » L'international a d'emblée été plongé dans le vif du sujet. Arrivé dans sa ville d'adoption le 27 juillet, il a à peine eu le temps de défaire ses valises qu'il partait dès le lendemain à Vittel pour y démarrer une préparation qu'il qualifie lui-même d'extrêmement professionnelle. Au menu : un programme chargé avec jusqu'à quatre heures d'entraînement le matin et trois heures supplémentaires le soir.

Sans pression particulière

Mais le Franco-Marocain n'est pas du genre à se plaindre. Et il est prêt à consentir tous les efforts nécessaires pour prouver à ses employeurs qu'ils ont eu raison de lui faire confiance. « Comme les autres, je sais parfaitement ce que j'ai à faire et je fais ce que me demande mon entraîneur. Je dois travailler et comme je suis persuadé que le travail fourni actuellement portera ses fruits, je n'ai aucune raison de pleurer sur mon sort », souligne le joueur, qui entend profiter au maximum des conseils de Philippe Gardent pour progresser le plus vite possible. « Il sait ce qu'il veut et j'essaye de suivre ses indications. Il entraîne, je joue, les choses sont claires et c'est très bien comme ça. » D'autant qu'il n'a aucune pression sur les épaules, ce qu'il apprécie à sa juste valeur : « Les dirigeants attendent de moi ce qu'ils attendent de tout nouveau joueur, qu'il s'intègre dans le collectif et dans le jeu. A moi, ensuite, de prouver ma valeur. » Parti d'Alsace il y a à peine un mois, Seufyann Sayad est déjà de retour dans sa région natale puisqu'il sera en lice à l'EuroTournoi, qui démarre demain simultanément à Reichstett et à Strasbourg, avec sa nouvelle équipe. Il aura ainsi l'occasion de revoir ses anciens coéquipiers - qu'il rencontrera jeudi (18 h 30) au centre sportif de l'ASL Robertsau - et ses anciens supporters. Autant dire qu'il aura sans doute un petit pincement au coeur lorsqu'il entrera pour la première fois sur le terrain et qu'il pourra difficilement aborder cette compétition comme un simple rendez-vous d'avant saison.

« Une drôle d'impression »

« Dans l'idéal, il faudrait que je fasse abstraction du passé et que je me concentre sur nos matches. Mais je vais quand même avoir du mal face aux Sélestadiens, qui portent un maillot que j'ai moi-même porté pendant des années et qui, pour certains, sont devenus de véritables amis. Ça va sans doute me faire une drôle d'impression de me retrouver face à eux. Cela dit, je défends désormais les couleurs de Chambéry et j'aborderai chaque rencontre le plus sérieusement possible, le but du jeu étant avant tout de concrétiser le travail abattu ces dernières semaines », explique le demi-centre. Ce dernier reste prudent et ne veut pas se lancer dans le moindre pronostic : « Nous pouvons très bien jouer ou passer totalement à côté. De toute façon, quoi qu'il arrive, l'essentiel sera de continuer à progresser. » Mais l'international n'a pas envie de se poser trop de questions. A 22 ans, il a acquis cette maturité indispensable pour franchir une étape sans doute décisive dans sa carrière sportive. « Il était temps que je parte de Sélestat », remarque-t-il sobrement, « et il était temps que je vive ma vie. »

Sandrine Pays