M'Gannem, un Tunisien à Sélestat
 

 

 

Heykal M'Gannem, champion du monde junior et premier Tunisien à Sélestat. (Photo DNA)

 

 

Il parle parfaitement le Français, joue à Sélestat mais ce qu'il évoque le mieux, c'est son pays, la Tunisie. Partir, il le fallait, pour sa carrière. Depuis, Heykal M'Gannem ne pense qu'à une chose : progresser le plus rapidement possible pour rentrer chez lui le plus rapidement possible.

Le hand à Moknine (centre de la Tunisie), c'est comme le foot en France. « Le samedi et le dimanche, on ne jouait pas au foot avec les amis, on jouait au hand. Et puis mon père jouait, mes frères jouent, on est une famille de handballeurs ! », sourit l'international tunisien de 25 ans. Après avoir touché un peu au foot quand même, Heykal M'Gannem se lance dans le compétition de hand à 12 ans. Pour ne plus arrêter.  « Sept joueurs de l'équipe nationale viennent de Moknine, qui est un bon centre de formation. Ensuite, je suis allé jouer à l'Espérance de Tunis. Cela fait quatre ans maintenant. » Et pour la première fois de sa carrière, ce champion du monde junior avec la Tunisie évolue dans une équipe étrangère, Sélestat en l'occurrence. Une décision difficile à prendre. L'an dernier, un club parisien et un club grec l'ont contacté. Il a refusé. Pas prêt. Pas pro.

« Une excellente vision du jeu »

 « Je n'ai jamais voulu quitter mon pays. Je ne sais pas trop ce qui m'a décidé cette année lorsque Sélestat m'a contacté. Mon objectif, c'est avant tout de progresser, d'acquérir une certaine expérience pour faire progresser mon équipe avec la volonté de faire quelque chose de bien au mondial en 2003 au Portugal. » La franchise faite M'Gannem même s'il avoue espérer que Sélestat se maintienne au meilleur niveau. Et pas seulement à l'arraché dans les derniers jours.  Pour cela, il compte bien faire jouer « son excellente vision du jeu. C'est un technicien », dit de lui Sohbi Sioub. Ce Tunisien de 27 ans évolue actuellement à Montpellier. Il joue avec M'Gannem en équipe nationale depuis quatre ans maintenant. « C'est un bon joueur, affirme-t-il, d'une extrême gentillesse, quoiqu'un peu réservé ! »

Double champion d'Afrique

 Le demi-centre a en effet beaucoup de mal à parler de lui et notamment de ses qualités préférant s'étendre sur ses défauts. « Je ne suis pas très fort physiquement car je manque d'entraînement. Et puis je ne suis pas un tireur mais plutôt un organisateur. »  Le double champion d'Afrique évoque quand même quelques souvenirs. Son meilleur d'abord. Le titre de champion d'Afrique junior contre l'Egypte en 1995. Sa pire défaite, il l'a connue face à l'Etoile du Sahel en finale de la Coupe de Tunisie en 1999. Partie archi favorite, l'Espérance de Tunis, prend le match de haut... et se fait battre. Sa blessure à Montpellier en 1998 au tournoi du Soleil fait également partie de ces choses dont il se remémore avec peine.  Mais le hand n'est pas tout dans la vie du Tunisien. Il n'est pro que depuis peu. Il a notamment eu le temps de faire un an de polytechnique et comme il était trop difficile de cumuler hand et études, il s'est rabattu sur... HEC, rien que ça ! Aujourd'hui, il possède son entreprise de pub à Tunis. Les affiches qui ornaient le terrain du match de foot Tunisie - France, c'était lui !

Anne-Laure Herbet
 

 

© Dernières Nouvelles d'Alsace, Jeudi 29 Août 2002.