Omeyer, des filets affûtés
 


 


 


Thierry Omeyer, ancien Sélestadien et accessoirement champion du monde, évolue à Montpellier. Il a surtout les cages dans la peau.(Photo DNA - Cédric Joubert)

 


 

Chez les Omeyer, le hand c'est une histoire de famille. Les fils, des jumeaux, ont repris le flambeau laissé par les parents. Et de la plus belle manière. Christian joue à Sélestat en D1. Thierry à Montpellier. Il est gardien. International et champion du monde. Récit d'une vocation.

A 26 ans, Thierry Omeyer a connu les plus belles victoires. Avec Montpellier, où il officie depuis trois saisons, l'Alsacien est champion de France en titre. Avec l'équipe de France - sa première sélection date de 1999 - il est rien moins que champion du monde. Chacun se souvient de ce 4 février 2001 qui a vu la France dominer la Suède et remporter le titre, avec, aux buts, un Thierry Omeyer.  « C'est sans conteste mon meilleur souvenir, sourit-il. Cette finale, je l'ai commencé devant un public acquis à notre cause, dans une salle, peut-être la plus belle dans laquelle j'ai joué. Après ça, on peut se dire que ça va être difficile de revivre une émotion pareille. Mais il me reste pas mal d'années de hand devant moi, j'éspère, et encore de gros objectifs. A commencer par la Ligue des champions avec Montpellier. Un titre européen, ce serait vraiment du bonheur. Et puis il y a les Jeux olympiques... »  Effacer la déception d'Atlanta. Pour ce faire, une place de 7e minimum au prochain championnats du monde au Portugal est obligatoire.

Au moins en finale

 Malgré ce palmarès déjà impressionnant, c'est toujours avec plaisir que le Montpelliérain d'adoption revient en Alsace, sa région d'origine. Et pas pour faire de la figuration. « L'Eurotournoi ne m'a jamais trop réussi. L'an dernier avec Montpellier, on a joué les 3e et 4e places. Cette année, j'espère au moins aller en finale ». Le Héraultais a de l'envie à revendre.  La passion, il l'a toujours eu. « J'allais voir jouer mes parents qui évoluaient en championnat régional et ça m'a tout de suite plu. Je jouais entre les mi-temps. Je me suis inscrit pour la première fois en club à 6 ans. » Précoce, donc. Ses premiers ballons, c'est à Cernay (N3), qu'il les touchera. A 15 ans, le sports-études et à 17, l'arrivée à Sélestat (D1) où il restera six ans. C'est aussi là-bas qu'il connaît sa pire expérience. « La descente en 1996, c'était l'horreur. J'étais arrivé en milieu de saison et on a joué le maintien contre Chambéry. Le match nul n'a pas suffi. Il fallait l'emporter. »

Une vocation

 Gardien. Une vocation. Quand d'autres se battaient pour jouer dans le champs, lui se démenait pour être goal. « Quand j'étais minime, on était plusieurs à vouloir être gardien. Alors, on a organisé un concours, celui qui arrêtait le plus de tirs prenait la place. J'ai gagné. »  Depuis Thierry Omeyer n'a jamais changé de poste. « J'aime la relation gardien-tireur. C'est un poste où il faut être fort psychologiquement. Le joueur marquera forcément plus de buts que tu n'arrêteras de tirs. Tout se joue à la première balle, c'est là que tu prends l'avantage où que tu le perds. »  Rapide, efficace sur les tirs proches, l'Alsacien essaie de donner la solution au tireur le plus tard possible. « Je ne suis pas un très gros gabarit (1,91m pour 92 kg quand même !), alors je dois feinter. Pour cela, on est très complémentaire avec Bruno (Martini, 1,97m, 95 kg) ».  En attendant le prochain mondial, Omeyer se concentre sur l'Eurotournoi. Bien parti avec Montpellier, en tout cas pour l'instant, le gardien espère bien rendre ses cages imprenables, pour disputer, pourquoi pas, sa première finale.

Anne-Laure Herbet
 

 

© Dernières Nouvelles d'Alsace, Vendredi 30 Août 2002