Sobhi SIOUD :  L’HOMME AU BRAS D’ACIER

Dans un sport hyper athlétique, physique et parfois violent, le Tunisien Sobhi Sioud (l’arme souvent fatale des Montpelliérains) fait figure de minus au pays des golgottes, vous savez ces méchants supers costauds que y avait que Goldorak pour les battre…Portrait d’un joueur au talent brut. " Le Hand est un sport de contact. J’aime ça ! " Tout, ou presque, est dit. Sobhi Sioud aborde son sport comme un combat. " Je me rends compte que mon gabarit est un point faible, un handicap. Je fais 1m85, ce qui est assez grand, mais pas dans le Hand. Là, je suis un petit. Alors je compense par ma rapidité de bras et de jambes. " Mieux que compenser, Sobhi détonne. Le Tunisien est un joueur spectaculaire, vif, puissant, engagé et doté d’un bras hors du commun. Mais également énervant lorsqu’il provoque sans cesse le contact avec son vis-àvis. C’est un individualiste. Un buteur. Pas le genre renard à l’affût ou bricolo des surfaces. Plutôt du style à vous embrouiller dans ses feintes (de bras, toujours), accélérer et décocher un tir qu’un seul clignement d’œil vous aura empêcher de voir partir. En fait, c’est Speedy Sioud. Ou Sobhi Gonzalez, au choix.

UN HANDICAP PROFITABLE

Et puis, fatalement, parce que la différence fait parler (jaser). Parce que tout ce qui n’est pas comme tout le monde interpelle, Sobhi n’est jamais passé inaperçu sur un terrain. Même s’il fut transparent au point de ne jouer que quelques minutes et de ne pas inscrire le moindre but. La raison ? Un handicap physique visible. Sobhi se tient la tête penchée sur une épaule. " J’ai ça depuis tout petit. C’est en fait un muscle de mon cou qui est plus court que l’autre et qui crée donc un déséquilibre. Evidemment les gens me remarquent ! Je le prends comme un plus. En fait, il n’y a que les médecins qui s’en inquiètent à cause d’éventuelles répercussions plus tard… ". Et le futur, Sobhi se l’imagine riche en trophées. " Je n’ai que 27 ans… Je me vois bien continuer encore quelques années. J’espère gagner un maximum de titres avec Montpellier. " Le Tunisien a d’ailleurs quitté le club espagnol de Ciudad Real (vous pouvez l’écrire Sioudad Real pour fa ire un jeu de mots un peu fumeux) pour cela. Rejoindre Montpellier, un club avec lequel il sent pouvoir satisfaire ses ambitions. " De mon expérience espagnole, je retiens mon début de saison où j’avais inscrit 30 buts en 4 matches. Après, je m’étais rompu le tendon d’Achille et je n’avais plus joué de l’année… ".

BEAU PALMARES

Le palmarès de Sobhi est déjà riche de quelques distinctions : deux fois champion d’Afrique, vainqueur de la coupe de Tunisie (avec Mahdia, son premier club) et du championnat de France, 4 participations au championnat du monde et une aux Jeux Olympiques. Il en veut plus encore et sa foi en lui, en son club et en Dieu (" Je suis très croyant même si je ne peux pas pratiquer autant que je le voudrais ") devrait lui permettre de soulever bien d’autres coupes. Si ça pouvait être celle de la Ligue des Champions, Sobhi ne dirait pas non. " C’est mon rêve ! ", difficile d’être plus explicite. Et puis, parce que le Hand n’est pas toute sa vie (seulement 90%, une broutille), Sobhi se nourrit de films (Tom Cruise et Will Smith ont sa préférence), de musique arabe orientale (Cheb Mami, Georges Youssouf) et d’autres sports. A propos de Muhammed Ali : " C’est le plus grand de tous les temps. " Une fois encore, le propos est limpide, direct, sans fioriture. Comme le superbe joueur qu’est

Romain SUBLON