LES TROIS FRERES

A seulement 5 ans _, Benjamin Gille a réglé son pas sur celui de son handballeur de père et de ses… handballeurs de frères. " Au départ je touchais le ballon avec Bertrand, ça m’a bien plu et avec Guillaume on s’est fait tous les trois de bonnes parties de ballon dans la maison, les murs servaient de cages et ça branchait déjà pas mal à l’époque. J’ai rapidement débuté en club à Loriol dans la Drôme, et à 18 ans j’ai intégré le centre de formation de Chambéry où je suis en dernière année et l’équipe de France Jeunes". Voilà résumé en quelques lignes l’itinéraire d’un enfant gâté par la nature de belles capacités physiques (1m92, 92 kilos).

LENTEMENT MAIS SUREMENT

Titulaire indiscutable des Espoirs de Chambéry en N2, le… Benjamin des Gille a fait la saison passée quelques apparitions avec l’équipe de D1 en championnat et en Coupe de France. Avant-hier face à Sélestat, Philippe Gardent lui a donné l’occasion de sortir de l’ombre de ses frangins en lui donnant du temps de jeu. Résultat : 5 buts et une intégration réussie dans le collectif Savoyard. Mais la tête sur les épaules, Benjamin ne s’enflamme pas : " Je ne vais pas me prendre la courge. Je dois encore prouver que j’ai ma place dans le groupe de D1. Il y a une énorme différence entre le haut-niveau et la N2. En D1 le jeu est beaucoup plus rapide, technique et physique ".

SEUL AU MONDE ?

A tout juste 20 ans Benjamin ne veut donc pas brûler les étapes. Mais désormais " orphelin " de Guillaume et Bertrand partis pour Hambourg (" A l’entraînement ça fait bizarre de ne plus les voir, parfois je me retourne et je me dis ah merde, c’est vrai qu’ils ne sont plus là… mais je ne suis pas en deuil pour autant ! " plaisante-t-il), il va peut-être se faire un prénom plus tôt que prévu. " Pour l’instant, mon objectif n’est pas de faire pareil qu’eux. Bien sûr, si j’y arrive, tant mieux ! D’une certaine façon, ils sont peut-être des modèles au point de vue de leur réussite, avec leurs titres de champions du monde et de champions de France, mais je les considère plus comme des conseillers ". Un héritage aussi lourd que précieux mais c’est quand même mieux que d’être le frère de Jean Roucas, par exemple.

Aurélien GASSER