Kiel en champion




Montpellier, avec ici le tunisien Sohbi Sioud à l'attaque, a fait de la résistance tout au long d'une finale qui a tenu toutes ses promesses.(Photo DNA-Franck Delhomme)

Les Allemands du THW Kiel ont remporté, hier soir aux Malteries, Le 9e EuroTournoi de Strasbourg. Au terme d'une finale de haute volée que Montpellier fut longtemps en mesure de remporter. Avant de s'incliner face à plus fort...

Ça c'est du handball ! Du beau, du bon, du vrai handball. Ce qu'ont proposé, hier soir aux Malteries à Schiltigheim, Kiel et Montpellier en finale d'un 9e EuroTournoi qui tint toutes ses promesses, est à classer dans le tout bon. A garder et à revoir.  C'est vrai qu'il pouvait difficilement en être autrement lorsque l'on connaît les qualités de ces deux équipes, lorsque l'on sait, aussi, les ambitions qu'elles nourrissent, l'une et l'autre, cette saison, en Ligue des champions. Il pouvait difficilement en être autrement, mais encore fallait-il que les joueurs se hissent au niveau de l'événement. Ce qu'ils firent...

Anquetil, l'artiste

 Ils le firent à l'image de Greg Anquetil, cet ailier funambule capable de tout, du meilleur surtout. A l'image, également mais en face, de ce Staffan Lovgren tutoyant la perfection dans chacun de ses gestes. A l'image de ces monstres du hand mondial qui, c'est certain, ne seraient pas ce qu'ils sont sans à leurs côtés des Stefanovic, Junillon, Sioud d'un côté, des Olsson, Wisotzki, Bjerre ou Przybzcki de l'autre.  Bref, c'est à une finale d'une rare qualité à laquelle les 1 200 privilégiés ayant investi le gymnase des Malteries ont assisté. Un match au sommet indécis qui tourna dans un premier lieu à l'avantage des Montpelliérains (5-2) à la 7e avant que Kiel et Petersen ne remette les choses au point (7-7)

Le métier de Kiel

 15-15 à la pause : les uns et les autres avaient eu le bon goût de laisser planer le suspense. Mais si les Français avaient menés les débats en première période, ce sont les Allemands - enfin les Suédois, les Danois, les Norvégiens ou les Polonais composant l'équipe championne d'Allemagne - qui dictèrent leur loi après. Prenant pour la première fois de la rencontre l'avantage à 16-17 (33e) pour ne plus jamais laisser Montpellier passer devant.  Les Héraultais firent de la résistance jusqu'à la 40e (21-22). Moment où Przybecki et Lovgren se décidèrent à vraiment prendre les choses en main. Subitement moins performants devant, les Montpelliérains subirent alors, Kiel creusant petit à petit l'écart (22-25 et 24-28 à la 51e).  Montpellier recolla bien à deux buts, mais le mal était fait. C'est vrai qu'on n'apprend plus à Lovgren, Olsson ou Petersson comment gérer une fin de match...

France A' épate

 Un peu plus tôt dans l'après-midi, la jeune équipe de France A', épatante à tous points de vue, avait chauffé la salle en se défaisant des Ukrainiens de Zaporodje, 3e place en jeu. Un podium amplement mérité pour la formation de Claude Onesta au sein de laquelle Nikola Karabatic, le fils du père, a montré durant ces quatre jours de compétition, qu'il avait l'étoffe d'un futur très grand.  Preuve, s'il en fallait vraiment une, du niveau extrêmement relevé de cet ET édition 2002, la finale pour les 5e et 6e places opposaient Veszprem, finaliste de la Ligue des Champions, à Chambéry, champion de France 2001. Une affiche aux allures de finale qui permit à Chambéry de prendre date. Si les Savoyards ne sont sans doute pas encore au niveau de Montpellier, il faudra, c'est évident, compter à nouveau avec eux cette saison. Le temps d'intégrer les six nouveaux venus, Philippe Gardent disposera d'un groupe intéressant.  Magistralement emmené par M'Gannem - bonne pioche ! - et Gull (20 buts à eux deux) Sélestat, enfin, a signé son premier succès aux dépens de Conversano. Victoire nette et sans bavure (35-25) laissant augurer d'une saison 2002/2003 nettement moins stressante pour les Alsaciens que ne le fut la dernière...

A.V.



© Dernières Nouvelles d'Alsace, Dimanche 1 Septembre 2002.