Sélestat, version offensive

Il a donc fallu attendre la dernière journée de l'EuroTournoi pour voir une (nette) victoire sélestadienne. La cuillère de bois est évitée, mais là n'est pas l'essentiel.

Il était évident que Kiel, Chambéry ou Zaporodje sont des clubs ne jouant pas vraiment dans la même cour que le SCS. Les battre aurait relevé de l'exploit. Conversano, par contre, se situait davantage dans les cordes de la formation alsacienne. Avec dix buts d'écart, on affirmera même que les Italiens ont été trop tendres sur ce match. Tant mieux pour l'ego de M'Gannem, Gull et les autres (sauf les blessés Eiché, Boultif et Mathis) qui ont pleinement pu s'exprimer, voire se lâcher pour leur finale.

Sans faiblir

 François Berthier en était à son premier ET comme entraîneur. Car n'oublions pas qu'il a pris les rênes de la diligence en cours de saison. Analyse de conclusion : « Il était important de finir par une victoire. On a bien défendu contre Kiel, on s'est loupé le deuxième jour contre Chambéry et a montré de bonnes choses contre Zaporodje, malgré ce flottement fatal en 2e mi-temps. Les Italiens n'ont pas été bons aujourd'hui, mais on a tout fait pour qu'ils ne puissent pas jouer correctement. »  Tout, c'était entamer le débat tambour battant en oubliant la fatigue accumulée depuis mercredi, et même plus loin avec un cycle de préparation où personne ne se vantera d'avoir pu mettre la pédale douce. « Ils ont tué le match d'entrée de jeu et tenu le rythme, ce qui les a mis en confiance. Les joueurs se sont rassurés et moi aussi. Il y a beaucoup de points de satisfaction, et d'autres qui restent à travailler. » Au chapitre du positif, il souligne volontiers le rôle de la recrue M'Gannem. « Il s'est bien intégré dans le jeu, c'est encourageant. »

Vie privé

 S'il révèle volontiers les points forts (ressources mentales pour rester lucide, défense bien en place et capacité à enchaîner les montées de balle...), l'entraîneur des Violets dit vouloir réserver au cercle restreint des gens concernés les carences, individuelles et collectives, observées. « On est dans les temps. J'ai avancé et tiré les enseignements d'une évaluation grandeur nature avec dix-huit joueurs vraiment concernés. On a plus de jeu qu'avant avec un groupe qui existe et qui est capable d'attaquer face à des équipes de haut niveau. Mais les certitudes d'un jour ne sont pas celles du lendemain. »  La satisfaction n'empêche pas la prudence. « Pour les matches amicaux (les prochains sont fixés à jeudi, 19 h 30, contre Wittelsheim et à dimanche, à 17 h, contre La Roberstau), c'est différent au niveau de la motivation. Les véritables objectifs sont Créteil, le 14 septembre puis Ajaccio. » Ces premiers matches de championnat que Maya ne veut pas rater pour ne pas avoir à courir, comme les saisons précédentes, après le temps perdu.

Hubert Letz


© Dernières Nouvelles d'Alsace, Dimanche 1 Septembre 2002.