Mardi 29 Août 2000 - A.V. © Dernières Nouvelles D'Alsace

Au début de l'histoire

Avant que les choses sérieuses ne débutent vraiment, avant le 7e EuroTournoi de Strasbourg, l'équipe de France a fait oeuvre de propagande, hier matin, au Centre sportif de la Robertsau. Plus de 200 jeunes venus des quatre coins du Bas-Rhin ne sont pas près d'oublier...

« Appliquez-vous. Donnez le meilleur de vous-même. Je suis là dans l'optique des Jeux Olympiques de 2008 ! » Pas sûr que l'intervention de Daniel Costantini n'ait pas été prise au sérieux par quelques uns des 200 jeunes Bas-Rhinois ayant investi le Centre sportif de la Robertsau hier matin. Servis par Golic et Fernandez, décalés par Richardson et Wiltberger ou démarqués par les frangins Gille, ils ont, en effet, tout donné pour tromper Gaudin et Martini. Pas tous les jours que l'on peut se mesurer à un champion du monde...  Ils ont tout donné, encouragés par l'équipe de France au grand complet, motivés par la présence de Tricolores qui ont, une fois encore, fait montre de leur gentillesse et de leur disponibilité. A preuve les exercices de signature d'autographes ou de poses photo, pas forcément de tout repos, auxquels ils se livrèrent tous avec un plaisir non dissimulé.

Configuration olympique

 Au grand complet (les Montpelliérains sont arrivés dimanche après-midi, suivis de Kervadec, Joulin et Gaudin, les trois « Allemands »), l'équipe de France a ainsi entamé son stage strasbourgeois dans la bonne humeur. Avant, dès hier après-midi, de passer aux choses plus sérieuses. A une séance vidéo puis à un premier entraînement à huis clos.  « Notre premier entraînement en configuration olympique », a précisé Daniel Costantini, lequel devra, durant ces quatre jours strasbourgeois, s'attacher à incorporer les trois joueurs évoluant en Bundesliga. Car tant Joulin que Gaudin et Kervadec n'ont rejoint le groupe France qu'hier, la reprise du championnat d'Allemagne les ayant privé des quatre matches face à la Slovaquie. L'occasion pour le coach français de titiller les instances internationales, incapables selon lui, de jouer les arbitres.  « Les équipes nationales ne sont pas protégées. Pas étonnant, dans ces conditions là, que le handball international ne progresse plus. Il y avait, avant, un style hongrois, un style tchèque ou un style russe. Aujourd'hui, nous sommes arrivés à une espèce d'Espéranto du handball. Entre les désirs de l'IHF et les considérations économiques des clubs, nous ne disposons que de huit jours pour préparer un rendez-vous aussi important que les Jeux Olympiques de Sydney ! »

Opération commando

 C'est durant ce court laps de temps que l'équipe de France va devoir se forger un moral de vainqueur. Que les joueurs tenteront de se glisser dans la peau de futurs possibles médaillés olympiques. « Après notre intermède slovaque, l'EuroTournoi vient à point pour nous étalonner. Nous entamons, à Strasbourg, une opération commando qui doit nous amener aux demi-finales du tournoi olympique. Nos matches face au Portugal, à l'Allemagne et à la Russie montreront si le groupe existe déjà. »  Ils permettront aussi aux Tricolores de travailler un compartiment offensif ayant laissé à désirer face à la Slovaquie. « L'Euro 2000 a confirmé la solidité de notre défense, même privée d'un garçon comme Kervadec, un des tous meilleurs spécialistes au monde. Cela me laisse à penser que l'on peut voyager à condition de progresser en attaque. C'est à ce niveau que nous allons le plus travailler à Strasbourg, tout comme je le fais avec l'équipe de France depuis... 16 ans ! »

L'hommage à Omeyer

 Au grand complet, la France a ainsi entamé hier sa dernière ligne droite avant Sydney. Avec Marc Wiltberger mais sans Christian Omeyer auquel Daniel Costantini a rendu un hommage sincère. « Cela a été un déchirement de ne pas le garder avec nous, mais le fait de ne pouvoir emmener que 15 garçons en Australie m'a obligé à ne retenir que deux gardiens. Il a été, à l'instar de Girault, la révélation de notre début de préparation. Efficace et performant. Il a tout l'avenir devant lui. »  Et l'avenir, pour l'ancien Sélestadien, c'est dès janvier 2001 et les Mondiaux organisés en France. Quatre mois après des Jeux débutant, pour le groupe France, dès cette semaine à Strasbourg.

 

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