Mercredi 30 Août 2000 - Thomas Azan © Dernières Nouvelles d'Alsace
Fernandez enfin serein
 
C'est un Jérôme Fernandez nouveau que va pouvoir découvrir le public de l'EuroTournoi. Un homme conscient de ses qualités, et de ce que l'on attend de lui.

La sérénité est ce sentiment « qui provient d'une paix morale » (cf. Le Robert). Un sentiment qui impressionne quand on le rencontre. D'autant plus quand il se dégage d'un jeune homme de 23 ans à peine, et qui ne détient « que » 61 sélections en équipe de France.  Depuis la blessure (brûlure au 3e degré au mollet et à la main gauche) qui l'a écarté des terrains pendant trois mois et l'a privé de l'Euro croate en début d'année, Jérôme Fernandez semble avoir acquis un nouvel état d'esprit. Quelque chose d'immatériel qui lui permet de mieux assumer son rôle de grand espoir du hand français.  Bien conscient de ses qualités naturelles et de son bras gauche estimé comme de l'or à l'état brut sur le marché boursier du hand mondial, Fernandez sait (enfin) quelle est sa place en équipe de France. Une saison à Montpellier lui a permis de prendre conscience que le palier qui sépare les éternels espoirs des grands joueurs n'est pas une mince affaire.

S'affirmer
 
 Cette sérénité semble, toutefois, quelque peu altérée quand on évoque les JO. C'est, désormais, de l'anxiété mélangée à de l'impatience, qui rejaillit des propos de ce garçon d'1,98 m. « Quand je pense aux Jeux, je ne pense pas au hand, explique-t-il. Ce sont plus des disciplines comme l'athlétisme, le basket, le judo ou l'escrime auxquelles on pense. Dans ma tête, je n'arrive pas à me dire que je fais faire la même compétition que des gens comme Michael Johnson ou Hicham El-Guerrouj. Je me dis plus que je vais les voir qu'autre chose. »  Une impression qu'il avait déjà connu à ses débuts en équipe de France. « La première fois que j'étais en stage avec les Bleus, j'ai mangé en face de Jackson et je ne réalisais pas, se rappelle-t-il, rigolard. A l'entraînement, je mettais du temps à enchaîner quand il me passait un ballon. » Mais aujourd'hui, plus question d'être impressionné par qui que ce soit. Jérôme Fernandez veut s'affirmer et prouver ce dont il est capable.
Sydney, un tournant
 
 « Je sais que j'ai des qualités de buteur (avec 4,2 buts par sélection, il a le meilleur ratio des quinze sélectionnés pour Sydney). A présent, il faut que je travaille ma défense, et que j'aie moins d'appréhension dans le contact. Il me faut acquérir de la confiance », avoue-t-il.  Cet arrière gauche qui a grandi sur les terrains de hand de Gironde (son père jouait en N 3, sa mère en N 1B), s'apprête donc à vivre un tournant dans sa vie, à Sydney. Muni de son caméscope, il pourra immortaliser l'événement, et se persuader que, lui aussi, « y était ».