28 août 2000 ESTELLE COUDERC - Sports.com
Dans le vif du sujet...

Pour la bonne cause, Strasbourg, théâtre de l'Eurotournoi, a troqué ses artistes habituels. Aux clubs européens, préparant en douceur et dans la bonne humeur la reprise de leurs championnats respectifs, succèdent exceptionnellement en cette année olympique des équipes nationales, avides de briller à Sydney. Après leur mise en bouche devant la Slovaquie, les Bleus s'attaquent à de bien plus coriaces morceaux.

Sur ses terres, Wiltberger aura l'avantage du terrain.  

Portugal, Allemagne, Russie... L'équipe de France, qui rencontrera successivement ces adversaires, dès mercredi à l'occasion de l'Eurotournoi, ne pouvait rêver plus belle montée en puissance à la veille de son départ pour Sydney. Après quatre victoires engendrées devant la Slovaquie, les quinze Bleus choisis par Costantini pour l'aventure olympique vont pouvoir jauger leur niveau à la veille des Jeux, sur le meilleur terrain qui soit.

Et c'est face au Portugal que le staff tricolore a décidé d'ouvrir «son» Eurotournoi. Seule des quatre équipes engagées à ne pas être du déplacement à Sydney, les Portugais, septièmes lors du dernier championnat d'Europe, constitueront une excellente mise en route, comme cela avait déjà été le cas à Bercy. Ce qui n'empêche que les choses vraiment sérieuses commenceront jeudi, face à l'Allemagne. Et pour cause...
Décevants durant l'Euro croate, les joueurs de Heiner Brand abordent les Jeux dans de bien meilleures conditions. Les blessés de la saison dernière sont désormais sur pied et c'est pour une médaille que les Allemands s'envoleront vers l'Australie.
«Je suis très heureux que Daniel Stephan et Bogdan Wenta soient de nouveau parmi nous, se réjouissait Heiner Brand à l'annonce de sa sélection. De par son absence, nous nous sommes rendus compte, en Croatie, à quel point ce dernier était important pour l'équipe. Y compris hors du terrain, ce duo peut vraiment nous aider. »

Des Russes revanchards

Heureux d'effectuer son retour après près de six mois d'absence, à la suite d'une blessure à un bras, Wenta, arrière de Flensburg-Handewitt et joueur le plus âgé de la sélection, n'a pas peur d'annoncer les ambitions olympiques de son équipe: «Je ne pars pas là-bas pour rester tranquillement sur le banc. Je veux rapporter une médaille.»
Dans ces conditions, les Bleus, désireux également de monter sur le podium, vont pouvoir se faire une première idée précieuse de leurs chances de réussite. D'autant que les uns et les autres, ne figurant pas dans la même poule lors de la première phase des Jeux, pourront se livrer sans arrière-pensées.

Il en sera de même pour les Tricolores face à la Russie, dernier adversaire du tournoi strasbourgeois. Les confrontations face à cet ogre du handball n'ont jamais vraiment réussi à l'équipe de Daniel Costantini, qui en a encore fait les frais à Zagreb, en demi-finales de l'Euro 2000. Nul doute qu'à l'occasion des JO de Sydney, les partenaires d'Andrei Lavrov mettront un point d'honneur à oublier la 5e place d'Atlanta et à décrocher enfin cet or que leur a fauché la Suède depuis 1998 dans chaque compétition internationale.
Bref, Strasbourg et Sydney n'ont jamais été aussi proches...