MAIN DANS LA MAIN



Bien qu’ayant des caractères diamétralement opposés, les deux gardiens de l’équipe de France, Christian Gaudin et Bruno Martini, travaillent ensemble, pour le bien du groupe. Pour exemple, le match d’hier, face au Portugal, où chacun a joué une mi-temps et apprécié celle de l’autre.

Christian Gaudin (33 ans, Magdebourg) était le premier gardien a défendre la cage française, relayé en deuxième mi-temps par son collègue Bruno Martini (30 ans, Montpellier). Leur bilan chiffré est à peu près similaire : 7 arrêts et 8 buts encaissés pour Christian, 9 arrêts et 8 ballons cherchés au fond des filets pour Bruno. " Christian a encaissé 3, 4 buts parce que notre défense a été statique en début de mi-temps. Son expérience lui a permis de rester dans le match et de bien terminer ", reconnaît Bruno. Christian rappelle le rôle des arrières, déterminant dans la prestation du gardien. " On est tributaire de la défense. On doit s’adapter à elle et réussir des exploits quand elle fait des erreurs. Bruno a d’ailleurs réussi de supers arrêts ce soir."

S’ils partagent la même vision sur leur poste, ils n’accomplissent pas leur travail de la même façon. Loin de là. Si Christian dégage une sérénité et un calme impressionnant, " mais ne dîtes pas que je suis introverti ! ", Bruno est plus impulsif. Chaques erreurs de sa défense, ou de sa part, provoque chez lui un geste de mauvaise humeur sans équivoque. " Caractériel ", disait de lui Costantini, on comprend mieux pourquoi. Autre différence entre les deux hommes ; le regard. Celui sombre, enfoncé derrière des sourcils épais, de Bruno glace le sang de tous les malheureux qui s’approchent trop près de sa cage. Christian, lui, fixe son adversaire, le provoque du regard, ne témoignant aucun sentiment.

S’il fallait leur trouver un point commun, ce serait sans aucun doute une certaine inconscience, frisant parfois la démence, pour être gardien de but. A quand une prime de risque pour récompenser ces doux fêlés ?

Romain Sublon