Vendredi 1 Septembre 2000. A.V. © Dernières Nouvelles d'Alsace,

Girault, toutes voiles dehors


Olivier Girault : le prix de la persévérance...(Photo DNA)

Olivier Girault n'est pas le Français le moins heureux de disputer l'EuroTournoi. Pour avoir longtemps vécu dans l'attente, l'ailier gauche de l'équipe de France sait le prix de sa présence à Strasbourg.

Olivier Girault fait partie de ces joueurs, à l'instar de Marc Wiltberger ou de Stéphane Joulin, à l'exemple, aussi, de Laurent Puigsegur et de Stéphane Plantin, qui ont longtemps attendu avant de savoir s'ils seraient ou non du voyage à Sydney. Au terme d'une préparation qui lui a permit de définitivement convaincre Daniel Costantini (« il y a été monstrueux », confie l'entraîneur tricolore), le Parisien du PSG a accueilli sa sélection avec le soulagement que l'on devine.  « J'avais entamé ces stages de préparation avec pour objectif de tout donner, lâche « Zozo » (« Jovial » pour Jackson Richardson !). Je ne me suis mis aucune pression, ne pensant qu'à tout faire à fond. Au moins je voulais n'avoir rien à me reprocher en cas de non sélection... »

« Le début d'autre chose »
 
 Gagné. Olivier Girault participera, à Sydney, à ses premiers Jeux Olympiques lui qui, du haut de ses 55 sélections et même s'il a débuté en équipe de France il y a trois ans déjà (c'était en 1997 à l'occasion d'un France-Espagne), fait un peu figure de nouveau dans le groupe France. Une aventure que le Guadeloupéen entend vivre intensément.  « La sélection, c'est un peu comme le''bac''. Tu es plus content de ne pas l'avoir raté que de l'avoir réussi. Parce que ce n'est pas une fin en soi mais qu'elle marque le début d'autre chose. On peut se contenter de participer aux Jeux, moi j'ai envie d'y gagner quelque chose. J'aimerai, au bout du compte, que les gens se souviennent de nous, pas que nous nous souvenions des Jeux. »  Ambitieux, l'ailier tricolore, à l'image d'une équipe au sein de laquelle il se sent parfaitement bien. « Il faut que chacun se persuade qu'il a un rôle à jouer. Moi en premier lieu. Je sais que je serai moins sollicité que d'autres mais il me faudra être rentable à chaque fois que l'on fera appel à moi. »
« Ne rien rater »
 
 A quinze jours du début du tournoi olympique, Olivier Girault parle, pense et respire JO : « Je commence a réaliser. Au début, les Jeux, c'était quelque chose d'abstrait, de pas palpable. Des images à la télé. Ça ne concernait que les autres. Aujourd'hui, j'en suis et je ne veux rien rater. Je ne veux pas aller à Sydney que pour y voir des kangourous... »  Et s'il veut rapporter quelque chose d'Australie, quelque chose qui ressemblerait vaguement à une médaille, c'est aussi un peu pour ceux qui n'auront pas la chance d'en être. Pour ceux qui sont restés sur le quai au sortir des matches face à la Slovaquie. « Nous étions certes concurrents durant la préparation, mais amis avant tout, soupire-t-il. Le soir du verdict, ça a été très dur. »  Pour Peguy (Puigsegur), pour Steph (Plantin), pour lui et pour tous les siens, Olivier Girault ne veut surtout rien gâcher. Un guerrier de plus pour une équipe de France qui en aura bien besoin à Sydney.